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Cet exposé concerne essentiellement la diaspora viêtnamienne en France
tout en brossant rapidement un panorama de sa situation dans le monde
entier.Il est utile de rappeler en premier lieu son histoire
assez tragique, puis essayer de comprendre le vécu de cette diaspora
dans les pays d’accueil, et en dernier lieu analyser les rapports
complexes et souvent difficiles entre elle et le gouvernement
communiste du viêt-Nam.
L'essentiel de la documentation s'appuie sur les publications du
Web mondial, les magazines viêtnamiennes de la diaspora, et sur
quelques documentations françaises dont ci-joint la
bibliographie.Il est très difficile d’avoir les informations sur les
immigrés viêtnamiens en France, d’autant plus qu’ils étaient peu
nombreux avant 1975 par rapport à d’autres populations, mais surtout
parce qu’ils ne présentent aucun poids politique, ni économique
pour qu’on s’intéresse particulièrement à eux, sauf ces dernières
années à cause du tourisme. Il ne s'agit pas d'une présentation d’une
façon exhaustive tous les aspects de cette diaspora, mais seulement
certains points essentiels qui me semblent utiles pour
aider à la comprendre.
1-
Histoire de la diaspora viêtnamienne.
Avant tout, en guise d’introduction, il est important de saluer la
mémoire des deux premiers illustres viêtnamiens de la diaspora. Il
s’agit de l’empereur Hàm-Nghi et de
l’empereur Duy-Tân qui ont été déportés ( pour la plupart des
viêtnamiens) ou exilés ( pour les français) par le gouvernement
français de l’époque coloniale.
L’empereur Hàm-Nghi , né à
Huê en 1870, fut couronné Empereur d’Annam avec l’assentiment de
La France le 2.8.1884 à l’âge de 13 ans sous la tutelle des Régents Tôn
Thất Thuyết et Tôn thọ Tường. Après l’échec d’une insurrection contre
le protectorat français, qui dura plus de 3 ans ( de juillet 1885 à
septembre 1888), Hàm Nghi fut déchu du trône et remplacé par
l’empereur Đồng Khánh, puis déporté en Algérie en 1888. Il y sera connu
sous le nom de Prince d’Annam, se maria en 1904 avec une jeune
pied-noir, fille du Procureur Général. Il mourut en 1947.
Le deuxième empereur DUY-
TÂN , né en 1899 sous le nom de Prince VINH SAN, fut intronisé
le 5 septembre 1907 à l’âge de 8 ans pour remplacer son père ,
l’empereur Thành Thái, frappé de démence (?).
En 1916, âgé de 17 ans, à la suite d’un soulèvement contre les
français, il sera déposé le 13 mai 1916 par le gouvernement français ,
et exilé à l’île de La Réunion.
Novembre 1917, il frappa à la porte de La Loge de St. Denis à la
Réunion, mais ne fût initié que le 5 juin 1927 ( 10 ans d’attente) à la
R. : L. : L’Amitié de St. Denis.
Il joua un rôle non négligeable dans le ralliement de La Réunion à La
France Libre du Général De Gaulle, qui l’avait promu au grade de
Commandant de l’armée française.
En 1945, le Général De Gaulle voula le rétablir sur son trône au
viêt-Nam. Le 26 Décembre 1945, il mourut dans un accident d’avion près
de Bangui ( Centre Afrique) dans des circonstances non élucidées.
Quelques jours avant, il avait fait connaître son pressentiment d’être
victime d’un attentat à quelques amis dont le Pr. En
Droit Pierre Eugène Thibault. La question demeure « Qui a tué le
prince VINH-SAN ? ».
Sans cet accident d’avion,
l’histoire du viêt-Nam aurait pu changer son cours…[1]
1.1. Par ailleurs, selon
les historiens viêtnamiens, le soulèvement de la population
viêtnamienne contre l’administration française, à l’instigation de
l’empereur DUY-TÂN est provoqué par l’envoi forcé vers la
métropole d’une main-d’œuvre indochinoise de près de 50.000 personnes
pour participer aux efforts de guerre entre 1914 et 1918 ( au Front, et
dans les usines d’armement).
Après la guerre, la plupart ont été renvoyées de force en Indochine (
on ne sait pas exactement le nombre de survivants) car ils sont jugés
tous inassimilables, dangereux pour le métropole et l’empire sauf
quelques centaines de personnes qui ont pu trouver un emploi comme
domestiques, ou ouvriers dans les usines en France. Ils ont constitué
ainsi le premier noyau ( on les appelait « annamites » à
l’époque) de la diaspora viêtnamienne en France.
Mais ils n’étaient point les premiers asiatiques immigrés en France car
en 1911, on dénombrait déjà 283 ressortissants chinois composés de
journalistes, d’étudiants, et de commerçants, d’ouvriers de la
soie. En même temps, pendant cette période de la 1ère guerre
mondiale, l’empire Français avait importé 140.000 travailleurs
chinois A la fin des hostilités, tous ont été rapatriés en
Chine sauf environ 3000 personnes qui ont pu choisir de rester en
France.
1.2. Dans l’entre deux
guerres, d’autres viêtnamiens arrivèrent en France. Ils
étaient soit des étudiants ( boursiers ou appartenant à des familles
riches), soit des domestiques des Français. Leur nombre ne dépassait
pas 6000.
1.3. A la deuxième guerre
mondiale, 24000 indochinois sont enrôlés dans l’armée française. Là
aussi, on se demande « Combien de survivants » ? Aucun
chiffre. Quelques milliers ( 4 ou 5000 au maximum) ont
choisi de rester en France après. La plupart ont adhéré au
parti communiste français et soutenu Ho Chi Minh lors de la
conférence de Fontainebleau. Certains ont été renvoyés au viêt-Nam lors
des agitations assez mouvementées à l’époque.
Voici l’extrait d’un
texte de RayMond AUBRAC publié sur le site Internet
de l’Union Général des viêtnamiens de France ( pro gouvermental
du régime de Hanoi) :
" Et
un problème concernait, pas directement les viêtnamiens, mais les
travailleurs indochinois."
On avait amené en 1939,
en France, quelques milliers de travailleurs indochinois pour remplacer
des ouvriers français mobilisés. C'est une opération qui avait déjà eu
lieu en 1914 pendant la guerre de 14-18, et qui a été renouvelée en
1939. En juin 1940, l'armée française a été battue, que vont faire ces
travailleurs indochinois ? Je crois que quelques-uns d'entre eux ont pu
rentrer dans leur pays mais il en est resté beaucoup en France, et
notamment dans un camp très important qui était situé dans la banlieue
de Marseille.
Un beau jour, on m'a
annoncé que ce camp existait - je n'en savais rien - et qu'il s'y
produisait un certain nombre d'événements inadmissibles : les
responsables du camp avaient organisé un marché noir pour les rations
de riz ; il y avait un réseau de prostitution et de salles de jeux ;
une mortalité assez effrayante, peut-être 10 ou 20 morts chaque semaine.
Bref, il fallait mettre
de l'ordre dans cette situation. À l'époque, on devait aller vite : je
crois bien me souvenir que j'ai mis en prison les responsables du camp.
Je les ai remplacé par une équipe de médecins et j'ai demandé que les
travailleurs indochinois élisent un comité pour travailler avec les
nouveaux responsables du camp et y remettre de l'ordre. »
1.4. De la fin de la 2è
guerre mondiale jusqu’en 1954, après la défaite de Dien Bien Phu,
et jusqu’à la prise du pouvoir du Président Ngô đình Diệm au SUD
viêt-Nam en 1956 après un référendum contre l’empereur Bảo
Đại , les viêtnamiens ayant la nationalité française et ceux qui
avaient travaillé dans l’administration française ,environ 5000
personnes, ont été rapatriés en France. Beaucoup ont
choisi de rester à Noyant et Sainte Livrade, dans le centre de la
France, premières villes d'accueil de cette population immigrée.
Aujourd'hui encore ces villes sont restées "viêtnamiennes".
Paradoxalement, la plupart de ces personnes soutiennent le régime de
Hanoi qu’elles avaient combattu autrefois. Est-ce de la
repentance pour se faire pardonner de leur collaboration avec les
français ? ou parce qu’elles ne connaissent pas le vrai visage
d’un régime communiste?
De 1956 à 1975, des milliers de bourses d’études provenant des
Etats-Unis, d’Angleterre, d’Australie, du Canada, d’Allemagne, du
Japon ont été octroyés aux étudiants viêtnamiens. Mais les
familles riches continuent à envoyer leurs enfants à faire des études
en France. Selon l’Association des Etudiants viêtnamiens à Paris ,
nationaliste et anti-communistes, au moins 3000 étudiants étaient venus
en France pendant ces 20 années.
1.5. La chute de Saigon ,
le 30 avril 1975, ouvra une autre période tragique
de l’histoire du Viêt-Nam et toute l’Indochine sombra ainsi dans
l’enfer : le génocide du peuple khmer, la plus grande prison au
viêt-Nam où croupissaient plus de 800.000 prisonniers politiques
composés d’anciens militaires et agents du gouvernement du Sud.
L’Occident n’a rien dit et n’a rien vu encore de sinistre.
Voici un texte extrait sur un site WEB dans un
article « Cambodge année zéro de François PONCHAUD »
Même les organisations dont le but unique est la défense de l'Homme,
telle " la ligue des Droits de l'Homme " de France, n'ont jamais
répondu aux cris de détresse qui leur étaient adressés par les Khmers
ou par leurs amis. Même l'ONU a fait la sourde oreille. Un de mes amis
khmers me confiait avec amertume, le jour de Noël 1975 : " En France,
il existe des sociétés protectrices des animaux ; il existe des usines
de fabrication d'aliments pour chiens et chats. Les Cambodgiens
sont-ils donc moins que des bêtes, puisque personne ne daigne les
défendre. "
Alors commença la déferlante vague des réfugiés viêtnamiens, les
boat-people qui défrayaient la chronique fin novembre 1978 avec le
bateau Hai Hong et ses 2500 passagers à bord ballottés de port en
port au large de la Malaisie. Plus de la moitié sont des
viêtnamiens d’origine chinoise.
De 1975 à 1994, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les
Réfugiés, le nombre total des réfugiés du communisme indochinois
installés sont répartis dans les pays suivants :
| USA :
400334 |
France :
21374 |
Hollande+Belgique
7311 |
Suisse
5810 |
| Australie
106176 |
Angleterre :
19068 |
Japon
6220 |
Suède
5808
|
| Canada :
98778 |
Allemagne
15479 |
Norvège
5886 |
Danemark
4497 |
| New
Zealand 4370 |
|
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Soit au total : 701 111 réfugiés.
Ce nombre ne reflète que le nombre de survivants de
cette tragédie. Il faut compter autant de nombre de morts en pleine
mer, où les bateaux sont attaqués ou tués par les pirates , ou
ensevelis au fonds de l’océan par les tempêtes. Jamais, les boat people
n’oublieront leurs traversées en mer de chine, jamais ils
n’oublieront le mot Liberté.
Fin 1994, 54558 réfugiés traînaient encore dans différents camps
sans qu’aucun pays occidental d’accueil ne les accepte, et plus de
290000 viêtnamiens d’origine chinoise regroupés dans des fermes
chinoises lors de la guerre sino-viêtnamienne en 1979.
Depuis 1990, après la chute du Mur de Berlin, les programmes de
départs officiels conclus entre le viêt-nam et les pays
occidentaux d’accueil permettaient des regroupements familiaux des
réfugiés d’Indochine. On estime qu’il
faudrait multiplier au moins par 3 pour avoir le nombre total de la
diaspora indochinoise dans le monde entier, soit presque 2
millions de personnes.
Ainsi, les réfugiés indochinois arrivés en France ( désignés par boat
people même s’ils avaient quitté leurs pays par voie terrestre,
en traversant les frontières du Laos ou du Cambodge pour arriver en
Thailande ) se répartissent en 35160 viêtnamiens, 36880
cambodgiens, et 33480 laotiens [2] soit un
nombre total de 105520 par rapport au chiffre 21374 fourni par le
Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés cité plus
haut.
Parmi ces 105520 « boat people » , au moins 1/3 sont
d’origine chinoise.
En retraçant les différents étapes de l’histoire de la diaspora
viêtnamienne , nous pouvons conclure que la plus grande partie des
viêtnamiens ( et des indochinois) ne viennent pas s’installer en
France pour des raisons économiques, mais souvent « à cause ou
pour » des raisons politiques.
C’est une réalité indéniable due en partie à l’éloignement
géographique, mais aussi à cause de la mentalité «
paysanne » de ces peuples indochinois qui , très enracinés à leur
village, n’aiment pas trop quitter leur lopins de terre pour venir
s’installer en Occident.
C’est pour cette raison que les communistes viêtnamiens
exploitent à merveille la diaspora de ce sentiment de « Retour aux
sources » que nous verrons plus loin dans la troisième partie de
notre exposé.
Mais, par ailleurs, depuis 1980, une autre diaspora
« viêtnamienne » cette fois-ci économique commence à
apparaître en Europe de l’Est. En effet, pour rembourser ses
dettes de guerre envers les pays frères du Comecon et de l’ancien URSS,
le gouvernement de Hanoi devait exporter la main-d’œuvre dans les pays
communistes de l’Est. Plus de 200.000 ouvriers viêtnamiens sont envoyés
dans ces pays, et un millier de prisonniers du Sud viêtnam en Sibérie.
..L’histoire , racontée par Reader’s Digest dans les années 90,
d’un ancien officier de l’armée du Sud viêt-nam déporté en Sibérie ,
qui a pu se réfugier en Suède en s’échappant du goulag est devenu
une légende.
A la chute du mur de Berlin en ( novembre) 1989, l’Allemagne avec 40000
travailleurs viêtnamiens a du mal à renvoyer ces ouvriers dans
leur pays car ces derniers cherchent par tous les moyens
pour rester en Europe. La plupart y vivotent illégalement, en
faisant toutes sortes de trafic, surtout des trafics de
cigarettes. Il existe même des marchés aux puces viêtnamiens en
Pologne et en Russie. Ils adhèrent même aux partis
d’opposition viêtnamiens au régime de Hanoi afin de justifier
leur demande de statut de réfugié politique.
Les frontières entre les pays de l’Est sont très perméables. J’avais
aussi l’occasion d’aller les voir là-bas, et inversement ils viennent
en France, sans aucun problème.
2-
La diaspora viêtnamienne au regard des pays d’accueil.
2.1- Combien sont-ils les
français d’origine viêtnamienne ?
Il est en général quasiment impossible de dire le nombre exact de
français d’origine étrangère en général et d’origine viêtnamienne en
particulier car le recensement général de la population , tous les 7 ou
8 ans, ne permet pas d’appréhender le processus dans sa
totalité : aucune information sur les ascendants n’étant demandé
dans les bulletins de recensement.
L’indication des origines ethniques est évidemment
discriminatoire au regard du droit français. « Les enquêtes
menées révèlent une statistique restée lacunaire Les modes de
désignation et de catégorisation des populations issues de
l’immigration reste à établir. »[ 3 ]
Le cas des migrations asiatiques est un exemple typique de la
relativité des chiffres de recensement, notamment lorsqu’il s’agit des
populations immigrées. Un thailandais, un malaisien, etc. pourrait être
d’origine chinoise.
Aux Etats-Unis, les américains ne sont pas mieux lotis que nous. Le
recensement américain se fait avec ses 5 catégories raciales dépourvues
de signification : Blanc, Noir, Améridien, Asiatique, Hispanique.
Mais, après de savants calculs et forts compliqués, le journal Le
Monde du 20.1.1999 avait estimé : « Sans la venue des
immigrés depuis le début du siècle, La France aurait aujourd’hui 12
millions d’habitants en moins, et bien des problèmes
économiques ».
En prenant comme taux de pourcentage moyen égal au taux
d’acquisition de nationalité française des immigrés
viêtnamiens par rapport à l’ensemble c’est à dire 3 %, le
nombre approximatif des français d’origine viêtnamienne est de
l’ordre de 400.000 sur ces 12 millions descendants des immigrés.
En effet, la plupart des viêtnamiens en France sont presque tous
naturalisés trois ou quatre ans après leurs arrivées, et parfois
réintégrés s’ils sont nés en Cochinchine ( ancienne colonie française)
, HaiPhong, Dalat, et Tourane car La France leur avait accordé
une dérogation particulière. Le code international des noms du pays
(code ISO) pour le viêt-Nam est 704. A noter que le nombre total
des immigrés viêtnamiens de 1914 à 1975 est plus faible que celui des
boat-people.
Par ailleurs, les français d’origine viêtnamienne ne sont pas aussi
nombreux qu’on ne le pense car on confond souvent les chinois
avec les viêtnamiens ou inversement. Je n’en serai point étonné, si un
jour, par un miracle quelconque, qu’on puisse faire un
recensement exact sur cette question, on découvrira que les
français d’origine chinoise sont plus nombreux que ceux d’origine
viêtnamienne. Déjà, selon le
livre CHINA YEAR BOOK 90-91, 600.000 chinois vivent en Europe dont
150.000 en France.
2.2-Où sont-ils
installés ?
Comme les français, c’est à Paris et en Ile de France qu’on trouve la
majorité des immigrés viêtnamiens. Le nombre fourni par la préfecture
de Police au 31.12.1992 nous donne les chiffres
suivants : réfugiés viêtnamiens : 5099 –
nationaux viêtnamiens : 1080, soit un total de 6179, dont 998 pour
le 13è arrondissement. Il faut souligner que ces statistiques ne
tiennent pas compte des français d’origine viêtnamienne.
Aucune statistique ne fournit le décompte des viêtnamiens en
Ile-de-France.
Des chiffres circulent selon le phantasme des uns et des autres de
150000 à 250000. Modestement, en
tenant compte du nombre des fidèles des pagodes, des paroisses
catholiques, des adhérents des associations ( à peu près 100
associations), on peut estimer que 100000 personnes est le
chiffre maximum.
Les autres villes préférées des viêtnamiens restent les grandes villes
où il y a du soleil et des universités connues avant 1975 telles
que Lyon, Bordeau, Toulouse, Montpellier, Marseille..
2.3- Les viêtnamiens
sont-ils bien intégrés dans la société française ? et
qu’entendons-nous par intégration ?
Dans son premier rapport, le Haut Conseil à l’Intégration
« estime qu’il faut concevoir l’intégration non comme une sorte
de voie moyenne entre l’assimilation et l’insertion, mais comme un
processus spécifique : par ce processus il s’agit de susciter la
participation active à la société nationale d’éléments variés et
différents, tout en acceptant la subsistance de spécificités
culturelles, sociales et morales, et en tenant pour vrai que l’ensemble
s’enrichit de cette variété , de cette complexité. [4 ]
Pour tenter de décrire la réalité de l’intégration, le Haut Conseil
suggère de suivre un ensemble d’indicateurs chiffrés portant sur tous
les domaines : nationalité, famille, promotion sociale, vie en
société, éducation,etc.
Quels sont ses
indicateurs ?
Les principaux indicateurs sont les taux de mariage mixte,
de chômage, de structure par catégorie socioprofessionnelle, d’activité
féminine, de détention, et quelques autres..
Mais à mon avis, ces interprétations « culturalistes » sur la
capacité d’intégration de ces populations à partir des données
statistiques formés à la fois sur les catégories du droit français, et
sur les déclarations des personnes recensées n’en semblent que plus
vaines.
Des enquêtes sous forme de « monographie » seraient encore
plus judicieuses que celles appuyant sur des statistiques pour
jauger le degré d’intégration d’une population immigrée.
Existe-t-il des études
portant sur ces indicateurs concernant la population viêtnamienne en
France ? Aucune. Que peut-on en conclure ?
Néanmoins, il existe un sondage sur les asiatiques en général ( c’est à
dire chinois, viêtnamiens, cambodgiens et laotiens) du M.R.A.P
SOFRES 1984.
« L’opinion
française qui juge les asiatiques bien intégrées , beaucoup plus que
les algériens, mieux que les arméniens, et à peine moins que les juifs
de l’Europe de l’Est ».
Pourquoi ce sentiment ? Pourtant, le china town du 13è n’est-il
pas un quartier comme Barbès ? N’est-ce pas là l’exemple typique
d’un ghetto ?
Des amis ont évoqué les
points suivants en leur faveur et qui ont un certain relent de
racisme :
- les chinois apportent de l’argent pour investir et
non pour « piquer » de l’argent ;
- ils valorisent le prix de l’immobilier et non le
diminuer ;
- ils ne sont pas physiquement menaçants, plutôt
discrets et non bruyants ;
- le quartier est plutôt sécurisant.
Un autre sondage confirme
le précédent :
« En 1988 , 24% des français classent les asiatiques parmi
les plus aptes à s’intégrer, soit le 4è rang, derrière
l’immigration européenne ( italiens, espagnols et portugais) »
Marianne Amar et Pierre Milza dans « L’immigration au 20è
siècle » Editions Armand Colin Ed. 1990 –
En particulier, les viêtnamiens s’intègrent même trop bien dans
la société française que souvent même les jeunes de la 2è
génération oublient de parler leur langue maternelle. Ils perdent trop
vite leur identité culturelle. Cela est dû peut être à l’instinct de
survie du peuple viêtnamien de par sa situation géopolitique au
carrefour des 2 grandes civilisations chinoise et indienne.
2.4 Les associations
viêtnamiennes.
Dans la majorité, elles sont bien divisées en deux camps :
pro-gouvernementales, et anti-communistes. En 1995, on avait
compté à peu près 120 associations officielles connues par la diaspora,
à cela il faut rajouter une cinquantaine dans l’autre camp. Il suffit
de voir les drapeaux arborés à l’occasion des fêtes ou des
manifestations : drapeau jaune et 3 traits rouges horizontales (
de l’ancien régime du Sud viêt-Nam ), et drapeau rouge avec étoile
jaune ( du gouvernement actuel du viêt-Nam).
Les associations anti-communistes ne soutiennent pas tous l’ancien
Président Nguyễn văn Thiệu, ni le Général Dương văn Minh des derniers
jours d’Avril mais loin de là.
Ils accusent ces derniers d’être des responsables de la chute de
Saigon. Thieu a passé son exil en Angleterre, et Minh en France. Tous
les deux venaient de décéder aux Etats-Unis il y a quelques mois.
En France, la diaspora a mainte fois essuyé des échecs pour élire un
organisme représentatif de la communauté viêtnamienne. Cela est dû à
« l’exception française ».
Par contre, dans d’autres pays d’Europe tels que la Hollande,
l’Angleterre qui encouragent et soutiennent même cette politique
d’intégration à la sauce « anglo saxonne », les
associations élisent annuellement les représentants de la
communauté qui reçoivent un budget annuel suffisant pour rémunérer 2
permanents au Smic, et un fonctionnement plus que suffisant.
Il existe aussi en France un budget assez important de 1,1MDF en 1999
pour l’accueil des demandeurs d’asile et l’intégration des réfugiés.
Mais l’utilisation de ces fonds est assez partisane et floue. Voici un
extrait du Résumé du Rapport Public 2000 de la cour des Comptes sur
cette gestion [ 5 ]:
« Le ministère de l'emploi et de la solidarité assure la prise en
charge des demandeurs d'asile et conduit des actions d'intégration des
réfugiés : ses moyens en personnel se réduisent à un bureau de trois
personnes et il s'appuie sur deux établissements publics sous sa
tutelle de l'Office des migrations internationales (OMI), le Fonds
d'action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles
(FAS), ainsi que sur des associations. Ces dernières posent des
problèmes de contrôle et de suivi des subventions qui leur sont
accordées »
Aux Etats-Unis, et en Australie, les viêtnamiens ont élu aussi
leurs représentants dans les grandes villes où il
existe une forte concentration des réfugiés. Un budget important
est accordé pour assurer un bon fonctionnement et adapté.
2.5. La réussite scolaire.
En général, les cultures
asiatiques situent le lettré au sommet de la pyramide sociale et
érigent la sagesse en haut de l’échelle des valeurs.
Jadis, dans l‘ancienne société viêtnamienne, les jeunes demoiselles ne
rêvaient que de se marier avec un lettré (peut-être un potentiel
mandarin ?) :
« Không thuong
ruong ca ao lien, chi thuong cai but cai nghiên ông dô”
( Je n’aime
pas ni de vastes étendues de ririères, ni de multitudes d’étangs. Je
n’aime que le pinceau et l’encrier du lettré ).
L’investissement des parents se concentre sur la scolarité des enfants
qui y puisent ainsi une forte motivation.
En France, les viêtnamiens, s’investissent plutôt dans les études
que dans le commerce, d’une part parce qu’ils n’ont pas de soutien
économique puissant comme les chinois qui ont souvent leurs arrières
bases à Taiwan, à Hong Kong, etc., et d’autre part parce qu’ils
avaient été habitués dans leur pays à accéder au pouvoir par les
études, le viêt-nam n’étant pas un pays industrialisé, mais plutôt un
pays agraire et sous-développé.
De temps en temps, les
médias français ont cité comme exemples des réussites scolaires de
jeunes viêtnamiens. Ce n’est pas toujours le cas pour les réfugiés
asiatiques dont les enfants sont déjà grands à leur arrivée en France.
Il faut se rappeler aussi que le français est une des langues les
plus difficiles à apprendre. Pour bien conjuguer un verbe, il faut
retenir au moins 30 mots dérivés supplémentaires or que l’anglais n’en
demande que cinq ou six tout au plus . Comparé aux enfants des
viêtnamiens installés dans les pays anglo saxons, ceux des
français ne sont plus que modestes.
Cet effort, cet investissement dans les études peut
être expliqué par 2 facteurs :
- primo, les viêtnamiens arrivés avant 1975 sont la plupart aisés
et plus ou moins bien installés dans le temps. Ils n’ont pas de
difficultés pour assurer les études de leurs enfants.
- Secundo, pour les réfugiés, ils savent déjà qu’ils n’ont plus
de patrie et sont condamnés à réussir l’intégration qui est de toute
façon plus facile que de vivre sous un régime communiste. Pour cela,
leurs enfants doivent réussir dans leurs études.
2.6. La religion et la
diaspora.
Nous abordons ici une question qui est souvent sujet de division, même
de guerre entre les différents peuples.
Heureusement, les viêtnamiens n’ont pas une religion unique. La
grande majorité sont catholiques, protestants, ou bouddhistes. Comme
les Polonais en France au début du siècle, les viêtnamiens aux
Etats-Unis ont leurs prêtres avec leurs églises, leurs pasteurs
avec leurs temples. On en dénombre au moins 200 églises et
temples.
A Paris, les offices religieux en viêtnamien, et en chinois sont
célébrés tous les dimanches à l’Eglise Hyppolite- Porte Choisy 13è
Paris, ou dans les temples protestants du 2è et 10è Arrondissement.
Mais le bouddhisme est la religion la plus pratiquée par la
diaspora. Partout où existe une communauté de quelques milliers de
viêtnamiens, vous êtes sûrs de voir surgir tôt ou tard un lieu de culte
bouddhique.
En l’an 2000, on a
dénombré 329 pagodes viêtnamiennes réparties dans le monde entier selon
le tableau suivant :
| USA :187
|
Angleterre :
5 |
Canada :
31 |
R.P.Chine :
1 |
Russie :1 |
Nepal :
1 |
| France :38 |
Belgique :
3 |
Australie :
24
|
Zaire : 1 |
Côte d’Ivoire :1
|
Taiwan :4
|
| Allemagne :
7 |
Norvège :
6
|
Finlande :
1 |
Hollande :2
|
New
Zealand :2 |
Inde :
3 |
| Danemark :6 |
Irlande :1 |
Suisse :
5 |
|
|
|
La construction des pagodes se fait avec la collecte des dons des
viêtnamiens. Il existe des pagodes même dans des pays tels que le
Zaïre, la R.P de Chine, la Russie.
Elles sont dirigées par des bonzes, et des religieuses. La plupart des
bonzes appartiennent à l’Eglise Bouddhique Unifiée dont les dirigeants
actuels au viêt-Nam sont emprisonnés par le régime communiste.
Au viêtNam, le célibat des bonzes est obligatoire. Mais, aux
Etats-Unis, les viêtnamiens commencent à tolérer les bonzes mariés. Ils
s’inspirent du bouddhisme en Corée, au Tibet, ou au Japon ( les maîtres
ZEN).
3. La diaspora et la politique.
Nous allons examiner cette question sous 2 aspects :
- Au regard de la vie politique dans les pays
d’accueil.
- Au regard du gouvernement du viêt-Nam.
3.1.Participation à la vie
politique dans les pays d’accueil.
En général, la plupart des viêtnamiens de la diaspora sont des réfugiés
anti-communistes de par leur histoire. Tout au début, quand Mitterrand
était élu président en 1981, plusieurs viêtnamiens se précipitèrent
dans les ambassades du Canada, des Etats-Unis, ou d’Australie
etc.. pour demander à nouveau l’asile politique car ils se
disaient, tôt ou tard , les communistes vont éliminer les socialistes
pour prendre le pouvoir. Avec le temps, ils comprennent que les
communistes français ne sont que de nom, et s’ils vont au viêt-Nam, ils
seront envoyés dans les camps de rééducation sans aucun doute.
Puis, ils découvrent que vivre dans les villes où les maires sont
communistes ou socialistes est mieux car on y trouve beaucoup de
services sociaux . Mais pour trouver du travail, ils préfèrent
s’adresser aux maires de droite qui ont beaucoup de relations avec les
entreprises.
Dans la plupart des pays
européens, les viêtnamiens ne s’impliquent pas dans la vie politique du
pays d’accueil. Ils veulent rester neutres, de peur de vexer les
partis. Ils n’ont pas ni les capacités d’analyse ni la volonté de
participer à la vie citoyenne, car d’une part ils doivent travailler
beaucoup , et d’autre part ils ne maitrisent pas la langue du pays. Par
contre, ils sont très actifs dans les mouvements anti-communistes
viêtnamiens.
Aux Etats-Unis, et
en particulier en Australie, quelques maires et députés viêtnamiens
apparaissent déjà sur la scène politique locale car le poids des
réfugiés viêtnamiens n’y est pas négligeable.
En France, depuis
plus d’une dizaine d’années , on commence à avoir des élus
conseillers municipaux d’origine viêtnamienne qui appartiennent à des
partis de droite plutôt que de gauche. La situation est
très complexe.
Il existe ,au point de vue politique, 4 catégories de
viêtnamiens en France :
- les réfugiés
anti-communistes ;
- les communistes
et crypto communistes ;
- les partisans de
la 3è force ( neutres) ni anti, ni pro-communistes.. Avant 1975,
ils sont secrètement soutenus par la France avec le Général De Gaulle
qui a prononcé ce fameux discours anti-américain de Phnom-Penh le 2
septembre 1966 : « il n’y a d’autre part aucune chance
pour que les peuples de l’Asie se soumettent à la loi de l’étranger
venu de l’autre rive du Pacifique quelles que puissent être ses
intentions.. »
Tous les viêtnamiens savent que Le Front National de libération
n’étaient qu’un outil de Hanoi sauf les journalistes français
tels que J. Lacouture qui avait écrit un article Le FNL, simple
couverture ? dans Le Monde du 15.04.1965. Il a fallu attendre que
le Général Vo nguyen Giap, dans un français impeccable, lors de
l’émission du 16 Février sur TF1 « reportage sur la piste
Ho-Chi-Minh , explique au Français « que la piste
Ho-Chi-Minh, qui a conduit vers le Sud non seulement des armes et de
l’équipement mais des « Cadres » et des troupes, a été
ouverte par une décision du comité central du parti au pouvoir de Hanoi
en 1959 , bien avant que Kennedy soit arrivé à la Maison Blanche »
( Michel Tatu, Le Monde du 18.2. 1983 – La piste Ho-chi-Minh
revisitée »)
- et enfin, la 4è
catégorie est celle des viêtnamiens qui sont a-politiques.
Il existe certes des initiatives, en s’inspirant aussi de l’association
« France Plus » des beurs pour créer des
« comités des électeurs viêtnamiens d’origine française »
mais leurs efforts ont été sabotés intelligemment par des viêtnamiens
communistes en lançant une critique telle que « Bôi tây » ( traduction
littérale : le boy du français). Et, c’est fini.
A chaque élection présidentielle ou législative, les partis de
gauche comme de droite à Paris, et en Ile-de France, viennent
courtiser les viêtnamiens, mais les considèrent plutôt et
souvent comme les « viêts
de service ».
3.2. Des Fronts de
Libération contre le régime de Ha-Noi.
Jusqu’à ce jour, la lutte des réfugiés contre le gouvernement
communiste de Hanoi n’a jamais cessé comme laissait entendre
l’Ambassadeur Mérillon dans son livre « Saigon et moi »
présenté lors du dédicace le 23/3/1985 à l’hôtel Lafayette.
Malheureusement , on ne sait pas pour quelle raison, quelques
semaines après, son livre a été retiré de la vente et renié par
l’auteur lui-même( à cause de son devoir de réserve ?. Ainsi, on a
su comment Ha-Noi avait pu roulé la France en promettant que le Sud
viêt-Nam aura un régime particulier de neutralisme dans l’attente d’une
réunion pacifique avec le Nord, et que le Front de Libération du
Sud ne sera pas dissous aussi tôt. Des généraux français étaient venus
à Saigon à partir du 16.04.75 pour étudier une solution de résistance.
Tous ont été expulsés hors du viêt-nam quelques jours plus tard après
la chute de Saigon .
Cette guerre permanente s’est transformée au fil des
années, et surtout avec la disparition de la guerre froide, de la
lutte armée à la lutte politique.
Les réfugiés viêtnamiens du monde entier se souviennent toujours de
Tran van Ba, un des présidents de l’Association des Etudiants
viêtnamiens à Paris, ancien cadre d’un organisme financier
international à Paris, qui est retourné au viêtnam pour
former un front de libération contre le communisme en 1984. Il a
été arrêté et exécuté avec ses 19 compagnons dont un chef de province
communiste après une parodie de justice le 2.1.1985 malgré les
interventions du gouvernement français.
Une autre figure de résistant viêtnamien est l’ancien amiral de
l’armée du Sud viêt-Nam Hoang Co Minh, le chef du Front National
de Libération du viêt-Nam. Il est tué dans une embuscade
par l’armée viêtnamienne le 28.8.1987 ,aux 3
frontières Laos-viêt-Nam-Cambodge. Le Front est devenu
alors un parti politique « Alliance pour un viêtNam libre »
Un ancien officier de l’Armée du SUD viêt-Nam, le colonel
Vo-Dai-Ton, en 1982, a été arrêté par l’armée viêtnamienne lors d’une
intrusion au viêt-Nam avec ses partisans, emprisonné puis libéré en
1989 sous la pression internationale, mais surtout australienne où il
s’est installé après 1975. Il est le Président de l’Alliance pour la
restauration démocratique au viêt-Nam.
Par ailleurs, d’autres viêtnamiens , anciens communistes au
viêt-Nam ou anciens partisans de la troisième force pro française,
après avoir été emprisonnés ou éliminés du pouvoir ont rejoint les
rangs de la diaspora.
Le colonel Bùi Tín, ancien rédacteur en chef adjoint du
journal »Nhân Dân » ( Le peuple), organe officiel du Parti
communiste viêtnamien , celui qui est arrivé le 30.4.75 sur un tank à
l’assaut du palais présidentiel du Sud viêt-Nam, a demandé asile en
France à la période « Đổi mới MOI » ( Changer pour faire
du Nouveau ou Question de vie ou de Mort selon Truong Chinh
l’ancien secrétaire du Parti !) en 1988. Dans son livre « La
face cachée du régime , Kergour 1999 » , et ses autres livres tels
que « Hoa Xuyên Tuyết - ou L a Perce Neige Edition Nhân
Quyền – Saigon Press - 1991» , il a fait des révélations
croustillantes telles que les 18 tonnes d’or laissés par le Sud
viêt-nam ont été partagés par les dirigeants du viêt-nam.
Trương như Tảng, ancien ministre de La Justice du Gouvernement de
La République Provisoire prônant la solution de la 3è force
soutenue par La France , a raconté dans son livre «
Mémoires d’un viêt-Cong » -- Flammarion 1985- p. 296 - :
« Mes camarades et moi , se souvient l’ancien ministre, avions
l’impression de nous trouver parmi les morts vivants, en spectateurs
d’une farce qui avait été étrangement montée à notre usage » quand
le pays s’est réunifié 7 mois après la chute de Saigon, le 15 novembre
1975.
L’étudiant Đoàn văn Toại, internationalement connu avec le soutien de
Joan Baez, et Jane Fonda , emprisonné quelques mois après la
chute, se posait la question « Entre une mort lente et une mort
subite, quelle est la plus douce ? ».[6]
Il faut évoquer aussi un réfugié intellectuel très connu Trần đức Thảo,
un philosophe sorti de la rue d’Ulm, camarade et ami d’études de
Sartre, qui mourut dans la misère en 1993 à Paris. En
rentrant au Viêt-Nam, vers les années 60, il était devenu demi
fou car exilé dans une commune rurale.
Des écrivains viêtnamiens communistes ont rejoint la diaspora
comme l’écrivain(e) Dương thu Hương, auteur du célèbre roman
« Les Paradis aveugles » Edition Des Femmes Paris ,1991.
Lors de son dernier interview sur la radio Little Saigon Radio en
Californie aux Etats-Unis le 19.4.2001, elle avait condamné
fermement les dirigeants communistes viêtnamiens d’ignorants, et
d’hypocrites, et que la structure de la société communiste est celle de
la barbarie. Que pense-t-elle de la journée de la chute de Saigon, le
30.4.1975 ? Selon elle, «le 30 avril est un souvenir pénible, et
triste car j’ai compris qu’il n’y a pas de quoi d’en être fier.
Je pense que plus tard, l’histoire réexaminera le sens du 30.4.1975.
C’est une journée douloureuse, et la guerre à l’époque est une sale
guerre du peuple viêtnamien »
3.3.. Hanoi contre la
diaspora.
Pendant ce temps, les communistes viêtnamiens s’infiltrent doucement,
et noyautent sûrement les différentes organisations en suivant bien
l’opération « Hoa Hồng Đỏ- La Rose rouge » de Hanoi pour
contrer la diaspora à partir de 1989 après la chute du mur de Berlin.
. A la Radio France Internationale, les rédacteurs
viêtnamiens se montrent trop tendancieux et pro Hanoi. Le rapport de
l’Assemblée Nationale n°1724, p.21, avait critiqué la direction :
« Pour éviter que RFI ne soit utilisée comme un moyen de régler à
distance des comptes politiques personnels, il conviendrait peut-être
de définir avec plus de précisions la ligne éditoriale que doit
respecter la rédaction viêtnamienne de cette radio, laquelle semble
pour l’instant échapper à tout contrôle ».
En 1990, les réfugiés viêtnamiens en France ont réagi fortement
contre la célébration de Ho-Chi-Minh à l’Unesco comme un illustre
personnage du siècle Elle a dû être supprimée non pas seulement à cause
de la pression des réfugiés viêtnamiens mais surtout aux
pressions des anciens combattants et d’anciens prisonniers du
viêt-Minh avec l’affaire Georges Boudarel [7] qui
éclata au grand jour.
Les grandes lignes directrices de contrer la diaspora ont été décrits
dans le livre « Ve nguoi viêt-nam dinh-cu o Nuoc Ngoai » ( A
propos des viêtnamiens installés à l’étranger - Edition SAIGON
1990 -) dont l’auteur est Nguyễn ngọc Hà, un médecin diplômé de
Paris.
-Prôner la Réconciliation Nationale ( Phát huy xu thế Hòa Hợp,
Hòa giải dân tộc),
-Séparer, Diviser les réactionnaires de la diaspora ( Người Việt Hải
Ngoại) au regard de la politique « Đổi Mới »,
-Echanges culturels ( Giao lưu văn-hóa),
-Etre vigilant aux évolutions pacifiques ( Diễn biế Hòa Bình),
-Développer les sentiments patriotiques de « Retour aux
sources » ( Trở về nguồn ),
-Participer aux organisations humanitaires pour aider le viêt-Nam,
-Organiser l’aide à l’éducation au viêt-Nam d’une pierre 2 coups :
lors de son séjour touristique au viêt-Nam, la personne peut consacrer
quelques jours pour former les viêtnamiens sur place. Ce n’est qu’un
prétexte, car on peut se demander où est l’efficacité d’une telle
méthode.
Mais l’ouverture du viêt-Nam au tourisme, qui permet aussi aux
réfugiés de rendre visite à leurs familles , a contribué
largement à diminuer la lutte de la diaspora, et surtout ceux qui sont
devenus âgés avec le temps, et qui commencent à oublier leur haine
contre le régime. Il faut savoir que cela rapporte au viêt-Nam plus de
1,7 Milliards de dollars par an en 1999.
Par contre, le parti se fait ridiculiser par la population car
autrefois, le régime avait traité les réfugiés viêtnamiens de renégats
et de traîtres à la patrie. Les associations des viêtnamiens
patriotiques ( Hội Việt Kiều yêu nước) se sentent aussi reléguées
au second plan, car avant le « DOI MOI », pour pouvoir
aller au viêt-nam, il faut être membre et recommandé
par ses dirigeants à l’ambassade du viêtNam.
Il faut reconnaître que cette stratégie très efficace au demeurant,
avait beaucoup affaibli les partis politiques d’opposition de la
diaspora. Les gens ne participent plus ou très peu aux manifestations
contre Hanoi, mais encore loin de là, pour le soutenir.
Conclusion.
Les donnes ont beaucoup changé et rapidement. Les viêtnamiens pensent
que pour faire évoluer la démocratie au viêt-nam, il faut que la
diaspora s’implique davantage dans la vie politique locale des
pays d’accueil, et par ce biais indirect, elle pourra faire pression
sur le viêt-Nam. Ainsi, l’intégration dans les pays d’accueil est plus
qu’indispensable si non essentielle pour donner sens à sa
vie d’exil.
Hua Vang Tho 24.11.2001
[1].
Vinh San Claude, "Le Destin tragique du Prince
VINH-SAN" , Editions Harmattan 2001 , et par ailleurs,
le producteur Michel Chambat ( PDG de la Compagnie Internationale
de Production Audio Visuelle) projette d’en faire un film.
Dans la revue HUMANISME du GODF , N° 256 Eté 2001, David Huet avec
l’article « De Bourbon à la Réunion » p.68 a
consacré quelques louanges à un franc-maçon d’envergure «
Le prince VINH-SAN »
[2.] Chiffres
fournis par le ministère de l’Intérieur selon les auteurs Marianne Amar
et Pierre Milza dans « L’immigration au 20è siècle »
Editions Armand Collin Ed. 1990 p. 67
[3] Patrick
Simon. « Nationalité et origine dans la statistique
française » in : Population, 3, 1998,p. 564.
[4]
Rapport au 1er Ministre – La connaissance de l’Immigration et de
l’Intégration Nov.1991- La Documentation Française- Annexe 2. p.107.
[5 ]2è Partie
– Observation des juridictions financières- Chapitre 3- Action sociale
et sanitaire
[6 ] Doan
van
Toai,"Le goulag viêtnamien", Robert Laffont – Paris 1979.
[7] Kapo
du Camp 113 de
janvier 1953 à janvier 1954
BIBLIOGRAPHIE.
1- AlMAR Marianne et MILZA Pierre, "L’immigration en France au 20è
siècle",A. Colin- Paris 1990.
2-Bùi Tín,"viêt-Nam, la face cachée du régime",Kergour, Paris
1999
3-Bùi Xuân Quang, "La troisième guerre d’Indochine
1975-1999" L’Harmattan Paris 2000
4-Đoàn văn Toại,"Le goulag viêtnamien",Robert Laffont- Paris
1979
5-Dương thu Hương,"Les paradis aveugles des Femmes"- Paris
1992
6-Haut Conseil de l’Intégration, "La connaissance de l’immigration et
de l’Intégration – Rapport au 1er Ministre Nov.1991",
La Documentation Française.
7-"Dossier: 50 ans d’immigration" in "L’Histoire
N°229"
8-"La France et sa population"- Cahiers Français
N° 259 – Janvier-Février 1993 La Documentation
Française.
9-MILZA Pierre et Al.,"Histoire de l’immigration en France au 20è
siècle",Somogy – Paris 1998.
10-TAURIAC Michel,"viêt Nam- Le dossier noir du communisme",Plon –
Paris Août 2001
11-Trương như Tảng, "Mémoire d’un Việt-Cộng",Flammarion Paris
1988
12-VINH SAN Claude, "e destin tragique du prince Vinh-San",
L’Harmattan,Paris 2001
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