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Article
de "La Liberté de l'Est " du 21 septembre 2004
Le
Lt-Colonel Huynh Ba Xuan, ancien aide de camp du général de Lattre en
Indochine et victime du goulag Vietminh pendant 23 ans -la plus longue
détention connue au Vietnam-, a été décoré de l'ordre de la Légion
d'Honneur, par les autorités militaires françaises, à Rennes, lors des
cérémonies du 11 novembre.
Cette
promotion, qui a eu lieu en application du décret du 26 juillet 2004, a
été assortie de l'attribution de la Croix de Guerre des TOE, avec
palme.
Cette reconnaissance tardive, principalement initiée par l'actuel
ministre de la défense, Michèle
Alliot-Marie, vient saluer le courage et la grandeur d'âme d'un
homme d'exception, dont le parcours est relaté dans un témoignage
émouvant, publié cette année aux éditions de l'Harmattan : "Oublié 23
ans dans les goulags Viet-Minh" de Huynh Ba Xuan.
Le Lt-Colonel Huynh Ba Xuan, est l'auteur du témoignage "Oublié 23 ans
dans les goulags Vietminh", qui est paru cette année aux éditions de
l'Harmattan.
Biographie
Né le 23 décembre 1929 à Bac Lieu, Cochinchine, le Lieutenant Colonel
(e.r.) HUYNH Ba Xuan est sorti des Ecoles d'Infanterie de Coëtquidan et
de l'Arme Blindée de Saumur en 1950. Aide de camp du général de Lattre
en 1951 en Indochine, il fut le chef d'etat-Major " opérations " du
GMVN à Nasan en 1952 puis commanda le sous-secteur de Hung Yen en 1953.
Il fut capturé au combat sur la RP 39 en avril 1953.
Sur cette photo, au cours d'une cérémonie à Saigon en 1951, l'aide de
camp du général De Lattre
de Tassigny, le lieutenant Huynh Ba Xuan ( ici marqué d'une croix
blanche)
Le Lt-Colonel (cr)
Huynh Ba Xuan,
en 2004,décoré de la
Légion d'Honneur

Le soldat qui a souffert vingt ans pour la France est bien " français à
part entière "
Le Japon avait oublié des soldats de la guerre mondiale dans des iles
de l'océan Pacifique.
La
France avait oublié depuis 1953, dans les camps du Vietminh , le
capitaine Huynh Ba Xuan, ancien aide de camp du maréchal de Lattre de
Tassigny . . .
Ce n'est pas sans mal que cet officier a pu rentrer en France. Ce n'est
pas sans mal qu'on lui a reconnu la nationalité française.
Ce n'est pas sans mal
qu'il a obtenu une retraite mais le tribunal de grande instance de
Rennes a tranché en décidant :
" Le capitaine Huynh Ba
Xuan est français et a conservé la nationalité française sans
discontinuer depuis sa naissance."
A la décision du tribunal, le capitaine contenait difficilement sa joie
et son émotion.
"Je remercie beaucoup la
justice de la France. Je vais pouvoir continuer à vivre dans ce grand
pays ".
Réintégré dans l'armée française avec le grade de Lieutenant-Colonel,
il fait paraitre aux édition "l'Harmattan" un livre qui retrace ses
souffrances et donne un témoignage sur la réalité des camps " de
rééducations communistes ".
HUYNH Ba Xuan ,
oublié 23 ans dans les goulags viet-minh
Son père ayant été assassiné en 1946 par les nationalistes vietnamiens,
Huynh suit une formation d'élève-officier à Coëtquidan et Saumur en
1949-1951, et devient en 1951 aide de camp du général de Lattre à
Saigon. Il se distingue au siège de Na San, avant de commander comme
capitaine le sous-secteur de Hung-Yen et le lOème BVN. Victime d'une
embuscade en zone vietminh, il est fait prisonnier en avril 1953 après
une opiniâtre résistance.
Interné dans un camp mixte de prisonniers et de déserteurs de l'armée
française, il est soumis à la surveillance et aux brimades de ces
derniers. Il est alors témoin des horribles souffrances de prisonniers
moribonds, rongés par des rats ... réduits à l'état de squelette par la
malnutrition et des travaux exténuants.
Il monte en novembre 1953 un audacieux plan de soulèvement du camp,
qui échoue en raison du désistement de quelques camarades. Repris après
son évasion, il est mis au pilori par le commandant du camp devant tous
les prisonniers rassemblés. Il transforme l'autocritique qui lui est
demandée en une virulente diatribe contre le totalitarisme et la
barbarie des valets du communisme chinois et russe.
Transféré de camp en camp de sûreté populaire,camouflé aux vues
aériennes, il va désormais connaître l'enfer des représailles réservés
aux irrécupérables : - les pieds cadenassés dans un carcan ou entravés
par de lourdes chaînes - le cachot noir de lm70 de long, dont il ne
sort que 10 minutes par jour - la demi-ration de riz (provenant des
stocks arrosés de pétrole à Cao Bang pour les rendre inconsommables) -
le camp de prisonniers où la mortalité dépasse 80% en 10 ans - les
pénibles séances de rééducation politique où il est traité de criminel
de guerre et de traître. Il résiste avec un courage surhumain à toutes
ces épreuves, priant la Vierge et se récitant des vers de Lamartine et
d'André Chénier.
La rigueur s'atténue en 1973 avec la signature des accords de Paris, et
en 1975 à la chute de Saïgon, au moment où près de 500.000
soldats sud-vietnamiens sont placés en camp de rééducation. Avec trois
survivants, il est mis en résidence surveillée près d'Hanoï. Astreint à
des travaux de menuiserie, il est réconforté par une famille
accueillante, et visite Hanoï sous la conduite de ses gardiens. Il
compare alors la misère de la population du Nord aux privilèges des
bo-doï qui ont "profité " de l'opulence du Sud-Vietnam.
Libéré en mai 1976, il retrouve sa mère à Ho-Chi-Minh-Ville et
récupère ses papiers militaires. Mais le Consulat de France reste sourd
à ses démarches. Lors de deux tentatives d'évasion par la mer, il
échappe à la police et se réfugie à Bien Hoa, où il se marie. Il
réussit en 1980 à joindre la maréchale de Lattre
qui obtient son rapatriement grâce au ministre Jean François-Poncet.
Après
son débarquement à Paris le 12 juillet 1984, ses ennuis ne sont
pas terminés. Etant en prison en 1955, il n'a pas pu demander son
maintien dans la nationalité française. .Un comité de soutien se
constitue avec l'appui
de la Fondation de Lattre et des officiers de la promotion
Leclerc. Le Tribunal de Grande Instance de Rennes reconnaît sa
nationalité en janvier 1986, et le ministère de la Défense le promeut
Lieutenant-Colonel. N'ayant rien oublié de la langue française, Huynh
Ba
Xuan raconte cette aventure dans un style dépouillé, sans rancune ni
rancoeur, laissant trace de ses humiliations à la postérité et à
l'Histoire. Ayant conservé la foi de sa jeunesse, il revendique son
choix d'officier : défendre par les armes son pays natal contre les
atrocités communistes...pour la liberté et les valeurs de la France.
Son livre est à recommander à tous ceux qui ont aimé L'Indochine et qui
souhaitent une réconciliation franco-vietnamienne. Général (cr) Maurice
Faivre ( qui était avec Huynh à Saumur ) ( L'Harmattan. 2004. 266
pages, plus 25 pages d annexes et de photos.)
Auteur(s) : Huynh Ba Xuan,
Paru le : 01/08/2004
Editions-Diffusion L'HARMATTAN
5-7 Rue de L'école Polytechnique 75005 PARIS
Tel : 01 40 46 79 20
266 pages. Format 16 x 24 cm. Prix 26,50 ¤
Extrait du site web
http://perso.wanadoo.fr/unpara/gazette/2004_12/gazette122004.htm
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