LE  BOUDDHISME  HÒA – HẢO

- Hứa vạng Thọ-     


  
Le " Hòa Hảo"  est l'appellation contractée du " Bouddhisme Hòa Hảo".
C'est un "bouddhisme nationaliste" ou plutôt un "bouddhisme Viêtnamisé" qui prend ses racines dans le Sud ViêtNam ( ancienne Cochinchine française) , et particulièrement dans le delta du Mékong. Il compte à peu près 1,5 million de fidèles soit à peu près 2% de la population Viêtnamienne.
                                        
Tout au long de l'histoire depuis la colonisation française jusqu'à ce jour, c'est un " bouddhisme" de la paysannerie surveillé par l'empereur " Tu Duc", persécuté par les colonialistes français, par le régime Ngô đình Diệm, et par les communistes Viêtnamiens.
Il est rare de trouver de la documentation française objective sur ce sujet, souvent "déformée" et surtout dans  la période trouble de " 1947 à 1956" , soit après l'assassinat  de Huỳnh Phú Sổ, le fondateur de " Hòa Hảo" survenu le 16.4.1947 sur ordre de  Phạm Hùng ( parti communiste Viêtnamien) , et  Trần văn Giàu , chef exéxutif de " Hành Chành Nam Bộ " ( Administration du Sud Việt Nam). Selon l'historien communiste dissident Lê tùng Minh depuis 1964, c'était l'agent Bửu Viên qui avait tué Huỳnh Phú Sổ et découpé le corps de celui-ci en 4 morceaux , et les avait enterrés en 4 endroits différents dans la forêt U-Minh , province Cà Mau, ( Mensuel Hải Ngoại Nhân Văn, USA, n° 41du10/2003 –p. 98 ).
Le terme de "secte" ( de connotation péjorative) attribué à " Hòa Hảo" par les français n'est pas justifié car la " religion" n'est -elle pas une "secte" qui avait réussi?
Aussi, ce texte est rédigé en se basant sur les ouvrages de " Hòa Hảo", ceux des " partis politiques Viêtnamiens", des sites internet ( Viêtnamiens, américains, et français), et du vécu ( étant originaire du delta du Mékong) de l'auteur.
 
1ère partie. Genèse du Bouddhisme Hòa Hảo.

Le "Hòa Hảo" revendique comme patriarche le moine bouddhiste iconoclaste " Phật Thầy Tây An" ( le Maître Bouddha de la pagode Tây An = la paix à l'ouest) avec son enseignement " Bửu Sơn Kỳ Hương" ( le bouddhisme Bửu Sơn Kỳ Hương = le Parfum rare dans la montagne des Trésors).

A. Le bouddhisme Bửu Sơn Kỳ Hương .

 A1. Le patriarche "Phật Thầy Tây An" , de son vrai nom " Đoàn minh Huyên", est né en 1807, la 8è année du règne de l'Empereur
Gia Long, dans la commune de Lấp Vò, province de Sa Đec. Il commenca son enseignement en 1849, et mourut en 1856 à la pagode Tây An, à Núi Sam , province de Long Xuyen.
 On ne connaît rien  sur lui de 1807 à 1849. L'histoire officielle du bouddhisme pendant le règne de Tự-Đức ( Thuyền Uyển Tập đăng lục) n'a jamais mentionné son existence.
Après une longue errance à travers les différentes provinces du Delta du Mékong, "Phật Thầy Tây An" est revenu dans son village natal et commença sa prédication en 1849.
Avec son langage hermétique, mi fou mi sage, et grâce aux soins et guérisons qu'il avait prodigués aux nécessiteux et malades, il attira bon nombre de disciples, mais aussi beaucoup d'ennemis.
En effet, son enseignement plein de bon sens, facile à suivre, remettait en cause pas mal de privilèges et d'idées reçues dans une société en pleine turbulence, après de longues années de guerre entre les empereurs Quang Trung et Gia Long, et surtout dans les provinces du Delta où côtoyaient les exilés chinois fidèles des Ming, les cambodgiens, les musulmans, les bagnards et les aventuriers Viêtnamiens.

A11. En quoi consistait donc son enseignement ? Il faut observer et respecter les règles suivantes :

1- Témoigner à force de sacrifices et de persévérance les quatre gratitudes suivantes envers:
a- les parents et les ancêtres;
b- la patrie;
c- les trois Trésors (ou trois refuges): le Bouddha, le Dharma ( Loi), et le Sangha ( l'ordre monastique bouddhique)
d- les compatriotes et l’humanité.
Je vais développer ces notions de gratitude ultérieurement.
2- Dénoncer les superstitions :
- pas de sorcelleries, pas de pratiques divinatoires;
- pas de statues, ni d'iconographies dans les lieux de culte;
- pas de magies dans  les soins des malades: boire de l'eau et si besoin quelques plantes   médicinales;
- ne pas brûler les papiers votifs symbolisant l'argent dans l'au-delà.
3- Tout laïc peut dispenser l'enseignement bouddhique et célébrer les cultes. Il n'est pas nécessaire  d'être moine pour pouvoir les faire. Le célibat n'est pas exigé.
       En plus il faut créer des fermes agricoles ( une sorte de Kolkhoze) pour subvenir aux besoins de la communauté des fidèles avec comme slogan " Pratiquez le bouddhisme en cultivant la terre".

4- Respecter et pratiquer l'octuple sentier dans le bouddhisme.
    
Avec tous ces préceptes, il avait mis presque tout le monde sur son dos: les charlatans, les guérisseurs, les maîtres taoïstes, les bonzes, les commerçants etc….
Alors, en 1852 , ils portaient plainte contre "Phật Thầy Tây An" au chef de province de An Giang avec comme motif: " complot contre l'Empereur avec les bonzes cambodgiens ".
Après une semaine d'incarcération, il fut relâché après avoir eu un entretien avec le chef de Province, mais dut venir s'installer sur ordre de celui-ci, dans la pagode "Tây An" de l'ordre monastique bouddhique "Lâm Tế". ( Au Viêt-Nam, la plupart des pagodes appartiennent à 5 ordres bouddhiques d'origine chinoise : Lâm Tế, Qui Ngưỡng,  Tào Động,  Vân Môn, et Pháp Nhãn).
Il devait alors se raser le crâne, mais put garder, à sa demande,  sa barbe intacte.
Il y mourut en 1856. Sur son tombeau, l'épitaphe le  mentionnait comme appartenant à l'ordre de Lam Te.
Ce fut donc une résidence surveillée, et une première falsification de l'histoire.

A2. Les disciples de Phật Thầy Tây An.

    A sa mort,  les 12 grands disciples s'étaient dispersés avec d'autres fidèles dans des fermes agricoles pour construire leurs communautés. La plupart étaient  de légendaires résistants contre les colonialistes français.
Voici quelques personnalités:
A21. Trần văn Thành ou Đạo Lành ( le moine Lành).
 Il avait construit la ferme de Lang Linh . Il organisait le berceau de la résistance "BAY THUA" ( province de Long Xuyên). Le chef de province Long Xuyên " Emile Puech" l'avait poursuivi sans pouvoir l'arrêter. Il mourut lors d'un combat avec l'amiral Dupré le 2.5.1873. Son fils, Trần văn Chai, 18 ans , s'était suicidé en prison .

A2.2. Nguyễn văn Thới ou Ba Thới.
Né en 1866, à Cao Lanh, province de Sadec, il participait à la résistance anti-coloniale dès 1906. Il s'était retiré discrètement à Long Xuyen. Il laissait à la postérité son œuvre : un livre de prophéties " Kim Cổ Kỳ Quan". Tout fidèle " Hòa Hảo" au moins en a entendu parler. Personnellement, je l'avais lu ( pourtant c'est interdit) lorsque j'étais dans les camps de concentration des communistes Viêtnamiens en 1976. Ce qui me laisse perplexe encore à ce jour, c'est que selon les explications des prisonniers Hòa Hảo, il y aura la guerre entre les chinois et les Viêtnamiens dans un avenir très proche. Et c'était réalisé en 1979. Peut-être, Ba Thới était-il  un géopoliticien très en avance par rapport à son temps?
A2.3. Đức Bổn Sư Ngô Lợi.
Il avait fondé le village An Định. Durant l'expédition militaire du 13 au 29.5.1887, les français ont incendié tout le village et capturé les 407 familles comprenant 1990 personnes.
Le collaborateur Trần bá Lộc avait mis à prix la capture de Đức Bổn Sư pour un prix de 1000 quan tiền ( sachant qu'avec 1 quan tiền, une famille de 7 personnes pouvait s'alimenter pour 1 jour).
En 1889, les français avient condamné son adjoint Bùi Thuận à 20 ans de réclusion à l'île de Poulo-Condor.
En 1890, Duc Bon Su mourut dans la montagne Thất Sơn.( province de Châu Đốc).

A2.4. Le héros national Nguyễn trung Trực.
Né à Mỹ Tho sous le nom de Nguyễn văn Lịch, ( on ne connaît pas sa date de naissance) il était officier du royaume d'Annam. Suite à l'invasion française, il démissionnait de son poste, et leva une troupe de partisans.
Le 10.1.1861, il attaqua un bateau français, tua le capitaine Bourdais et ses 30 soldats lors d'une mission à Mỹ Tho.
Le 11.12.1864, il incendia le navire " Espérance" sur le fleuve Nhật Tảo ( province de Tân An), tua le commandant Parfait et tous ses hommes.
Les autorités françaises, en écoutant la suggestion du collaborateur Lảnh Binh Tấn, ont emprisonné sa mère et plusieurs familles de ses partisans pour le forcer à se rendre.
Nguyễn trung Trực se constitua prisonnier en échange de la libération de tous ces otages. Les français lui ont demandé de collaborer avec eux. Il refusa l'offre.
Les français  l'ont exécuté le 27.10.1868 à Kiên Giang.
Les fidèles de Bửu Sơn Kỳ Hương l'honorent comme Thượng Đẳng Đại Thần ( Un mandarin céleste haut gradé), évoquent son nom dans les prières lors de la journée des héros ( 27 octobre).

A.3. Đức Phật Trùm ou Phật Thầy Tây-An réincarné.
        C'est un grand mystère en ce qui concerne ce personnage. On ne connaît rien sur lui , ni son vrai nom ni sa date de naissance.
C'était un bonze cambodgien du village de Xà Tón ( province de Châu Đốc). En 1868, terrassé par le choléra, il s'était remis quelques jours après, et depuis lors, quelle surprise, il ne parlait que le Viêtnamien ( langue inconnue inconnue jusqu'alors pour lui). Il commença alors sa prédication comme si c'était Phật Thầy Tây An.
Il attira des foules. Les bouddhistes de Bửu Sơn Kỳ Hương   le considéraient comme Phật Thầy Tây An réincarné.
Tout ceci inquiétait les français qui le déportaient dans un endroit bien caché ( La Réunion, ou Cayenne?).
Il revint au pays quelques années après, et continua son enseignement jusqu'à sa mort en 1875.

A.4. Sư Vãi bán Khoai ( le moine vendeur des patates).
Il apparut pendant une période assez courte de 1901 à 1902. A l'écouter, on le reconnut comme le successeur de la tradition du bouddhisme Bửu Sơn Kỳ Hương .
Il a laissé à la postérité un livre de prophéties " Sấm Giảng người đờii ".

B. Le bouddhisme Hòa – Hảo.

Les bouddhistes Hòa- Hảo se considèrent comme les héritiers du bouddhisme Bửu Sơn Kỳ Hương  avec une différence que leur fondateur Huỳnh Phú Sổ n'est qu'un prophète et non un éveillé comme Phật Thầy Tây An.
Huỳnh Phú Sổ est né en 1919 au Village Hòa Hảo, dans la province de Châu Đốc. Ses parents Huỳnh Công Bộ et Lê Thi Nhậm, appartenaient  à la classe moyenne. Après les études primaires, maladif, il dut quitter les bancs de l’école pour se faire soigner.
En 1939, après un pèlerinage accompli en compagnie de son père dans les Sept Montagnes et à Tà Lơn, réputées pour leur pouvoir mystique et leurs formes majestueuses, il reçut l’illumination.
Le 18e jour du 5e mois de l'année du Lièvre (1939) marqua le début de sa prédication.
 Il a accompli ses premières conversions en guérissant des malades avec des infusions, de l’eau pure, à la surprise des médecins aussi bien que des sorciers guérisseurs.
Un grand nombre d'intellectuels après avoir  entretenu des conversations avec ce jeune homme de 22 ans, ont dû reconnaître que c'était un homme de grande valeur, doté de dons surnaturels.
 A partir de 1939,  Huỳnh écrivait un grand nombre de sermons sous forme de poèmes faciles à comprendre ( luc bat, ou song that luc bat) ( 150.000 mots en totalité).
Il a continué l'enseignement bouddhique du patriarche Phật Thầy Tây An. En quelques années,avant 1945, le nombre de fidèles  atteigna 1 million de personnes.
Il est devenu si populaire que les autorités françaises à l’époque commençèrent à trouver suspecte l’expansion extraordinaire de son mouvement religieux. Il fut mis en résidence surveillée le 23.5.1940 au village de Nhơn Nghĩa (C ần Thơ)

Mais là, la vénération ardente dont il était l’objet obligea de nouveau les autorités à l’enfermer d’abord à l’hôpital psychiatrique de Chơ Quán (d' Août 1940 à Juin 1941 ) , puis à Bạc Liêu jusqu’en 1942. Le médecin psychiatre de Cho Quan , le docteur Tran van Tam ( de nationalité française) et son épouse sont devenus ses disciples.Ce sont eux qui ont édité ses livres ( plus de 1 million de livres vendus jusqu'en 1975).
Avant que le gouverneur de la Cochinchine ne le condamnât en exil au Laos, grâce à l'action du conseiller culturel japonais Kimura, Huỳnh Phú Sổ a pu s'échapper et se réfugier dans la chambre de commerce du Japon à Saigon, tout près de la prison de Catinat
Huỳnh Phú Sổ a composé ce distique  pour révéler son état d’âme ( il lutte contre les français, sans pour autant soutenir les japonais).

             Trường Tiền s’est rendu aux Hán mais n’a jamais accepté d’être son sujet.
                Quan Đế vivait avec Tào mais ne s’est jamais incliné devant lui.
Rassemblement avec les agriculteurs

  En 1945, il fonda le Phât Giáo Liên Hiệp Hội. (Association des groupements bouddhistes), et le Việt Nam Độc Lâp Vân Động Hội (Mouvement pour l’indépendance du Việt Nam) dans le but de lutter pour l’indépendance du pays.
Il s'allia avec les chefs des groupements politiques à tendance nationaliste pour former le Mat Trân Quôc Gia Liên Hiêp (Front Nationaliste Unifié), vivement acclamé par toutes les classes de la société. Le gouvernement dictatorial Việt Minh s’en inquiéta et prononça sa dissolution, pour former à la place le Hôi Liên Hiêp Quôc Dân Việt Nam (Ligue de l’Union Nationale du Peuple Việtnamien).
En 1946, avec la volonté sincère de renforcer la solidarité entre les différentes couches sociales, il accepta de participer au Comité du Pouvoir Exécutif avec le titre de Commissaire Spécial.
Il allia la masse des adeptes du bouddhisme Hòa Hảo aux militants nationalistes pour fonder le Việt Nam Dân Chủ Xã Hôi Đảng ( Le Parti Démocrate socialiste du Việt nam ) dont le but était de réaliser la justice sociale et de démocratiser le pays.
Dans la même période, il envoya aussi des représentants à l’étranger pour contribuer à l’unification des forces nationalistes expatriées et fonder le Mặt Trận Thống Nhât Toàn Quốc (Front de L’Union Nationale).
Sa conception étant en opposition à celle du communisme et sa doctrine condamnant l’athéisme, les communistes avaient cherché par tous les moyens à l'éliminer.
Au début de l’année 1947, les adeptes Hòa Hảo de la région de l’ouest du Sud-Việtnam se sont opposés à la politique dictatoriale des comités Việt Minh (Uy Ban Hành Chánh). Pour éviter une désastreuse lutte intestine, Hùynh Phú Sổ regagna l’Ouest afin d’aplanir les animosités et de concilier l’esprit d’union indispensable à la lutte anti-colonialiste.
Il fut arrêté par les communistes Việt Minh dans la nuit du 16-4-1947 pendant une réunion avec le comité administratif Việt Minh tenue à Đốc Vàng dans la plaine des joncs.
Trần văn Giàu , le chef du Comité Administratif Nam Bộ du Việt-Minh , membre du PolitBuro du Parti communiste Viêt namien, ancien collaborateur du commissaire Bazin , chef de la police française en Cochinchine,  a été l'instigateur de ce guet-apens en connivence avec les renseignements français.
Depuis lors, aucune nouvelle à son sujet n’a été reçue, mais tous ses fidèles croient fermement que les communistes n’ont pu l’avoir supprimé. Et sans exception, les adeptes Hòa Hảo attendent le retour triomphal de son guide et maître.

  2ème partie. Pratique religieuse.

Le guide ‘’ La pratique religieuse ‘’ est une de ses oeuvres et a fait l’objet de plus de 300 éditions en langue Viêtnamienne avec un tirage à plus de 800.000 exemplaires. Il est modeste mais complet, et contient tous les principes pour la pratique religieuse du bouddhisme Hòa Hảo.

A. Les 3 caractéristiques du bouddhisme Hòa Hảo.

1- La 1ère caractéristique du Bouddhisme Hòa Hảo ( ainsi que celle de Bưu Sơn Kỳ Hương) , est une religion pour les paysans.
Durant sa vie, Phật Thầy  Tây An a prêché le bouddhisme et en même temps a encouragé l'agriculture sous le slogan " Pratiquez le bouddhisme en cultivant votre terre".
2. La 2ème caractéristique est que le Hòa Hảo et Bưu Sơn Kỳ Hương préconisent la pratique du bouddhisme à domicile.
La raison était que tous deux, Phật Thầy Tây An et   Huỳnh Phú Sổ partageaient l'opinion selon laquelle le bouddhisme ne doit pas être enseigné uniquement dans les pagodes et les temples, mais également se pratiquer chez soi.
" Étudiez le bouddhisme pour vous améliorer". Pour cette raison, les fidèles Hòa Hảo ne sont pas obligés de se raser les cheveux et de se retirer dans les pagodes. En revanche, ils sont autorisés à vivre avec leurs familles, à mener une vie normale en cultivant leur champ tout en essayant de s’améliorer en observant les Enseignements de Sakyamuni (*).
(* Sakyamuni est le Bouddha historique qui a fondé le Bouddhisme au 6ème siècle av J.C.)
 Pour atteindre le Nirvana et nous libérer du cycle de la réincarnation, nous devons suivre à la lettre les enseignements authentiques de Bouddha, garder un esprit clair et nous améliorer pour accomplir notre devoir et atteindre ce perfectionnement personnel.
Un Bouddhiste Hòa Hảo doit avant tout accomplir les 4 grands devoirs de gratitude( Tứ ân ) à l'égard:
1. de nos ancêtres et de nos parents. -  2. de notre patrie.  - 3. des  3  Joyaux ou refuges: le Bouddha, le Dharma (enseignements Bouddhistes), et le Shangha (Communauté de moines). - 4. de  nos compatriotes et del'humanité.
.
3. La 3ème caractéristique est la modernisation des rites en éliminant les pratiques inutiles et à caractère superstitieux. Le but est d'encourager la pratique authentique du bouddhisme conformément aux enseignements du Bouddha .
Voici quelques modifications préconisées par le Hòa Hảo:
- Aucune pagode ou statue ne devrait être construite excepté celles existantes. Il est préférable de garder notre argent pour venir en aide aux pauvres et aux nécessiteux, au lieu de construire de grandes pagodes ou de grandes statues.
- Dédaignions les services des sorciers, magiciens, astrologues, et devins.
-  Ne donnons pas de nourriture en offrande à Bouddha parce que le Bouddha n'en a pas l'utilité.
- Abolissons les drapeaux, bannières ou serpentins. Ne brûlons pas les papiers représentant de l'argent parce que c'est un gaspillage futile...
- N'organisons pas des funérailles coûteuses, mais prions plutôt tranquillement pour la délivrance de l'âme des personnes décédées.
- Ne contraignons pas nos enfants à épouser quelqu'un qu'ils n'aiment pas. Ne demandons pas de dot ou n'organisons pas de grandes réceptions de mariage, parce que cela nous appauvrirait .
En conclusion, les réformes préconisées par le Hòa Hảo sont censées nous ramener aux enseignements originaux de Bouddha qui nous a enseigné que: "Notre croyance doit venir de notre cœur." La foi est un problème de cœur plutôt qu'une affaire de rites et de cérémonies.

B. Pratique religieuse.

Les autels, les salles de sermon.
Pour être en conformité avec ces réformes, l'adoration dans les maisons des fidèles Hòa Hảo devrait être très simple.

L'Autel Bouddha
Aucune statue représentant Bouddha, cloches ou gongs ne doit se trouver sur l'autel. Seulement un morceau de tissu brun qui symbolise l'harmonie humaine et la couleur du bouddhisme devrait être utilisé.

Sous l'Autel Bouddha, se trouve l'autel des ancêtres réservé au culte des Ancêtres.

Devant la maison, un autel à Communication céleste ( Bàn thờ  thông Thiên) est dressé pour permettre la communication avec l'Univers (ciel et terre), les quatre Directions célestes et les dix directions cosmiques ( 10 directions cosmiques: Nord, Sud, Est, Ouest, Nord-ouest, Nord-est, Sud-ouest, Sud-est, Ciel et Terre.

Aucune nourriture,  ni fruit ne peut être utilisé pour adorer Bouddha, seuls l'eau fraîche, les fleurs et les bâtons d'encens sont nécessaires. L'eau fraîche représente la propreté, les fleurs la pureté, et les bâtons d'encens purifient l'air.

Les Hòa Hảo doivent adorer Bouddha au moins deux fois par jour, matin et soir.

 Les 1er et 15ème jours de chaque mois lunaire sont des jours sacrés dédiés à Bouddha, il est recommandé de se rendre à la pagode ou à la salle de réunion de Hòa Hảo pour prier et écouter des sermons. Les prières doivent se faire à voix basse sans le recours aux cloches ou aux gongs.
A l'heure de la prière, si nous sommes occupés, tournons-nous Vers l'Ouest (*Vers l'Ouest parce que la terre d’origine du bouddhisme est en Inde, l'Ouest du Viêtnam du Sud.) pour prier Bouddha. Nous devrions encourager aussi les autres à prier dans leurs cœurs silencieusement où qu'ils soient.
Dans chaque hameau, il y a au moins une Salle de Sermon équipée de haut-parleurs.
Tous les jours, à heure fixe, un prêcheur vient lire des prières ou faire des sermons.
Les Salles de Sermon sont de petites salles ( appelées aussi pagodes) utilisées uniquement pour prêcher mais pas pour y habiter. C'est pourquoi elles sont plus petites que les autres pagodes ou temples, car le Hòa Hảo met davantage l'accent sur la pratique du bouddhisme à la maison.
Actuellement ces salles de sermon à architecture spécifique sont nombreuses partout au sud du Việt Nam. Le recensement de 1965 en a dénombré 390.

La célébration du culte devant l’autel des Ancêtres

Tenir 3 baguettes d’encens entre les mains jointes, faire trois inclinations de tête, se mettre à genoux les mains jointes à hauteur du front et réciter :

" Je m’incline pour offrir de l’encens aux Ancêtres.
Je les prie d’être les témoins de ma dévotion.
A présent, je suis repenti et je me voue à Bouddha.
J’ai la ferme volonté de faire du bien pour obtenir sa bénédiction ".
Puis se relever, planter les baguettes d’encens dans l’urne, se tenir debout les mains jointes au niveau de la poitrine et réciter.
"Je me prosterne devant les mânes des Ancêtres
En signe de gratitude pour les peines qu’ils se sont données pour m’élever.
Je promets de me consacrer désormais à la Religion.
Je forme le vœu que leurs mânes accèdent au Nirvana.
Je promets de faire le bien pour les honorer.
Pour échapper à la mer de souffrances et atteindre le Palais de Lotus.
J’espère bénéficier de la grâce des Ancêtres.
Qui m’aidera à avoir la paix de l’âme et la ferveur dans la pratique de la Foi. "

Puis faire 4 génuflexions.

La célébration du Culte devant l’Autel de Bouddha.
Tenir trois baguettes d’encens entre les mains jointes, incliner trois fois la tête, se mettre à genoux les mains jointes à la hauteur du front et réciter " La prière de Conversion":

"Je vous salue Grand Maître Shakya Mouni Bouddha notre Maître Religieux de l’Univers, (à réciter 3 fois).
" Je vous salue Bouddhas Universels".
" Je vous salue Lois Universelles Bouddhiques." (Dharma)
" Je vous salue Clergé Universel Bouddhique. " (Sangha)
" Je vous salue Bouddha Fondateur, Bouddha Maître, Génie de Premier Ordre, anciens mandarins génies,  Divinités des Montagnes, Génies des Cinq Vallons et des Sept Monts. Par ma prière, je leur demande d’être les témoins de ma volonté de me repentir, de faire le bien et d’écarter le mal, de les suivre dans la voie du Bouddhisme. "
Déposer les baguettes d’encens et faire quatre génuflexions ou bien se tenir debout les mains jointes au niveau de la poitrine, puis réciter la
2ème partie : "Les Cinq vœux  de l’Ouest " :
" Je vous salue Bouddha du Royaume de l’Ouest, de la Miséricorde et de la Charité, Amita Bouddha
Avec respect et obéissance, je forme le 1er vœu : Je prie l’Empereur du Ciel, l’Empereur de la Terre, l’Empereur des humains, l’Assemblée plénière des Bouddhas, le Bouddha Miséricordieux, le Bouddha Maître, de bien vouloir aider l’humanité et accorder la paix au monde entier.
Avec respect et obéissance, je forme le 2ème vœu : Que les Ancêtres accèdent au Nirvana.
Avec respect et obéissance, je forme le 3ème vœu : Que mes parents vivent longtemps et qu’après leur mort, ils accèdent au Royaume de l’Ouest.
Avec respect et obéissance, je forme le 4ème vœu : Que l’humanité entière se réveille des illusions.
Avec respect et obéissance, je forme le 5ème vœu : Que le Bouddha Fondateur, que le Bouddha Maître veuillent bien m’accorder la miséricorde, absoudre mes péchés, me préserver des malheurs, me donner la paix de l’âme, la clarté d’esprit pour atteindre la perfection dans la pratique de la Foi."
Faire quatre génuflexions.
Incliner la tête et joindre les mains en priant :"Je vous salue Amita Bouddha."
Tourner légèrement à gauche, incliner la tête et joindre les mains en priant   : " Je vous salue très Puissant Bodhisattva."
Tourner légèrement à droite, incliner la tête et joindre les mains en priant  :  "  Je vous salue Déesse Miséricordieuse Bodhisattva."

La célébration du Culte devant l’Autel du Ciel.

Après la célébration du culte devant l’autel de Bouddha, se diriger vers l’autel – dressé en plein air – dédié à l’Empereur du Ciel et prier dans les quatre directions :
D’abord : Face à l’autel, réciter : " La prière de Conversion"
Puis dans la direction opposée et des deux côtés, réciter  "Les Cinq  vœux de l’Ouest "
Après la récitation, soit faire quatre génuflexions ou trois inclinations de la tête avec les mains jointes face à chaque direction.

La prière à Bouddha.
Après la célébration des cultes, on peut adresser des prières à Bouddha ; dans ce cas se tenir assis avec les jambes croisées, le dos droit et prier : "Je vous salue Amita Bouddha;Je vous salue innombrables Bouddhas du Royaume de l’Ouest, qui incarnent la miséricorde et la charité universelle. Qu’ils sauvent tous le autres - Amita Bouddha."
( On peut répéter la prière autant de fois qu’on le veut et qu’on le peut, seulement à voix basse)
"Je vous salue Amita Bouddha" ces mots sont conseillés pour prier à tout moment et en toute circonstance.
A l’heure des repas, le fidèle doit inviter par la prière les ancêtres à revenir partager son repas, si frugal soit-il, et cela pour prouver sa piété filiale. Aux jours anniversaires de leur mort, il leur dédie en offrande ce qu’il a sous la main.
Les jours de diète végétale sont les 14ème, 15ème , 29ème  et 30ème jours du mois lunaire. Pour les mois de 29  jours, le 30ème jour est remplacé par le 1er jour du mois qui suit. Ces jours là, on peut brûler de l’encens si l’on en a. Si non, on prie seulement.
Tous les ans, les deux derniers jours et le 1er jour du nouvel an lunaire sont aussi des jours de diète végétale. Durant ces jours de diète faites seulement des offrandes végétariennes à nos ancêtres. Le 2ème jour de l’an, on peut offrir ce qu’on a. Pour le 3ème jour, il est conseillé de ne pas tuer d’animaux pour offrir à l’Empereur du Ciel et à Bouddha mais seulement des fleurs.
Quand on est loin de chez-soi et à l’heure de la prière, on peut simplement prier dans notre cœur

La célébration du culte

Les fidèles ne se prosternent que devant l’autel de Bouddha, l’autel des ancêtres, devant leurs parents même de leur vivant, devant les monuments dédiés aux héros sauveurs de la Patrie.
A l’égard d’autres vivants, même à l’égard de leur Maître ils ne doivent pas se prosterner : une respectueuse inclination du corps suffit.
A l’intérieur comme en dehors de la Communauté, ils doivent peser soigneusement le pour et le contre avant de passer aux actes et ils doivent se garder d’agir d’une manière irréfléchie, insensée. Ils ne doivent pas se fier, primo à la puissance du fort, secundo à l’assistance des Divinités et Génies, tertio à la protection de leur Maître. Ils doivent toujours se rappeler la loi du Karma ( loi  de la cause à effet). Chacun doit mettre en œuvre son intelligence pour comprendre les Enseignements de Bouddha ou les paroles de son Maître et non pas les recevoir d’une manière passive pour ne plus chercher à les assimiler à fond. Ce n’est qu’ainsi que chacun peut progresser sur le chemin de la morale et de la vertu.
Les Funérailles
Lorsque les parents ou grands-parents meurent, la coutume ancienne de porter le deuil doit être maintenue mais avec les modifications suivantes : puisqu’à présent nous sommes ralliés au bouddhisme, la sincérité dans la prière prime. Seule la ferveur des prières de ses frères de la Communauté peut apporter du repos à l’âme du défunt et la faire accéder à la Voie de la Félicité Eternelle. Le fidèle ne doit pas brûler les papiers votifs ainsi que les maquettes de maison en miniature, il ne doit pas faire venir les « maîtres de cérémonie » parce que ce sont là des dépenses inutiles et parce qu’il doit comprendre que le corps étant périssable, il suffit seulement de l’enterrer avec soin afin que la putréfaction ne compromette pas la santé des vivants. Quant à la piété filiale, elle doit avoir été témoignée du vivant du défunt et ne peut ensuite être perpétuée que par la ferveur des prières et non par le recours aux tiers. Il suffit de dresser un autel dans la maison ou même en plein air et de procéder ensuite à l’enterrement dans le silence et le recueillement.
Quant aux ancêtres, le fidèle leur offre, les jours anniversaires de leur mort, ce qu’il a sous la main et selon la tradition, il est libre d’offrir ou non un festin à son entourage. Tout ce qui est simple et économique est permis.

La façon de prier pour le défunt
Le fidèle se tient debout les mains jointes devant l’autel de Bouddha et psalmodie 3 fois : « Respect et obéissance au Grand Maître CakyaMouni Bouddha » et 3 fois : « Respect et obéissance à Amita Bouddha ».
Puis il formule le vœu suivant : « Bouddha Créateur, Bouddha Maître, je prie de tout mon cœur pour le salut de l’âme de … (nom du défunt) et je prie le Bouddha Miséricordieux d’aider l’âme de… (nom du défunt) à sortir de ce monde d’illusions et à accéder à la Félicité Eternelle.
Que le cercueil demeure encore à la morgue ou qu’il soit déjà en route pour le cimetière, tout le monde se met en rangs et chacun se joint les mains en priant : respect et obéissance aux innombrables Bouddhas du Royaume de l’Ouest, qui incarnent universellement la Grande Miséricorde et la Grande Charité. Qu’ils veuillent bien conduire l’âme du défunt, Amita Bouddha ».
Si le défunt est un bonze, la dernière partie de la prière est modifiée comme suit : « … conduire l’âme du religieux, Amita Bouddha ».
Il est à noter que les personnes en deuil ne doivent pas pleurer car le bruit gêne la délivrance de l’âme du défunt.

Le Mariage
Les parents ont le devoir de choisir pour leur fils ou fille une compagne ou un compagnon pour toute la vie et cela par une observation minutieuse des qualités et vertus respectives des futurs conjoints. Dans ce domaine, il ne faut pas trop forcer la main aux enfants car ainsi ils souffriront plus tard, mais il ne faut pas non plus leur laisser trop de liberté car leur manque d’expérience pourra leur faire beaucoup de mal.
Il faut bannir la coutume d’exiger des sommes d’argent en guise de dot ou d’exiger des présents et cadeaux de mariage.
De plus, à l’occasion du mariage, il ne faut pas offrir des banquets somptueux qui entraînent des dépenses ruineuses.

C. Les divers actes proscrits, tolérés ou conseillés.

L’alcool
L’alcool est proscrit absolument, mais dans un festin partagé avec des gens qui n’appartiennent pas à la communauté, le fidèle peut en prendre une quantité infime en guise de communion. Mais celui qui s’ennivre commet un péché.
L’opium
Il est absolument défendu de fumer de l’opium même en quantité infime. Pour être admis comme Hòa Hảo, l’opiomane doit avoir été désintoxiqué. Il n’y a d’exception que pour le malade à qui le médecin prescrit une petite dose d’opium mélangée à d’autres substances médicales pour servir de médicament.
Les Jeux d’Argent
Les jeux d’argent sont absolument interdits.
Les rapports avec nos bonzes
Les fidèles leur doivent respect et vénération, et doivent obéir à leurs enseignements conformes au bien. A l’égard des faux bonzes (comme les maîtres sorciers …) il faut essayer de les ramener dans le droit chemin du Bouddhisme et s’il persistent dans leurs actes de sorcellerie, il faut les contrer systématiquement et engager le public comme les autres fidèles à les éviter.

La fréquentation des pagodes
Les jours consacrés à Bouddha c’est-à-dire les 15e et 30e jours du mois lunaire, il est bon d’aller à la pagode pour célébrer Bouddha et lui offrir des fleurs. Si une pagode est en mauvais état ou menace de tomber en ruine, c’est une bonne action que de participer à sa restauration (tout en se gardant d’offrir des images et statues de Bouddha).
Il faut respecter les rites du culte célébré dans les pagodes et se garder de le critiquer.

Les rapports avec les autres religions et avec le public.
A l’égard des adeptes d’autres religions, il faut se garder de les quereller sur leur façon de pratiquer la foi, il faut toujours respecter la liberté religieuse. Surtout il ne faut pas abuser du nombre pour maltraiter les fidèles des autres religions ou pour en dire du mal. S’ils se montrent méchants, il faut se garder de leur rendre la pareille ou de se venger, mais au contraire, il faut toujours montrer son désir de conciliation. Même s’ils font du mal, il faut faire le bien à leur égard et montrer un esprit de patiente concession.

A l’égard du public, il faut toujours faire régner la bonne entente et la compréhension mutuelle. Il faut aimer son prochain et en cas de besoin, lui venir en aide.
Les cheveux longs.
Tous nos adeptes devraient comprendre que notre Maître n'exige pas qu'ils laissent pousser leurs cheveux. En laissant ses cheveux pousser, notre Maître essaie de garder un souvenir de nos anciennes coutumes et de nous montrer seulement qu'Il n'est pas influencé par la civilisation de l'ouest. Cependant, beaucoup d’adeptes ont commencé à l'imiter en laissant leurs cheveux poussés, croyant que ces longs cheveux témoignent d’une vie religieuse. Si on porte les cheveux longs sans veiller à s’améliorer, on n’est, dans aucun cas, une personne religieuse.
Comme nous nous sommes libérés du joug Français, à présent, notre Maître autorise les fidèles à s’adapter à l’évolution de notre pays et à s’accorder avec les gens d'autres religions.

L'éducation
Grâce à l’éducation, nous pouvons comprendre avec clarté le dogme par excellence de la religion. Elle nous évite de commettre de mauvaises actions et balaie la superstition. Elle nous aide à réprimer des pensées déraisonnables et à ne pas nous adonner à des pratiques superstitieuses (tel que prédire le destin,)
Nous devons apprendre par nous-mêmes (notre langue maternelle, ...), et laisser nos enfants fréquenter l’école , afin qu'ils acquièrent des connaissances plus étendues. En outre, la connaissance scientifique ne constitue pas un obstacle à notre vie religieuse. Elle peut nous aider à étudier le bouddhisme plus efficacement.
La culture physique.
Sans distinction, hommes et femmes de notre religion devraient garder leur corps en bonne santé. Pour cela, il faut pratiquer des exercices qui conviennent à notre santé. L'esprit est clair seulement quand le corps est sain. Ceci nous aide à appliquer tous les principes moraux efficacement.
La nourriture et le logement.
Lorsque l’on mène une vie religieuse, on doit manger et boire avec modération. Évitons les bons plats préparés avec des ingrédients mauvais pour notre corps et qui peuvent nous occasionner des maladies. Gardons notre corps propre et observons les règles d'hygiène. Débarrassons nous de l'habitude de vivre dans des conditions néfastes pour la santé parce que lorsque le corps est malsain, l’esprit ne peut pas se développer, et également parce que les dieux et les saints approchent uniquement les gens propres. Par conséquent, ceux qui souhaitent être reçus par Bouddha doivent être propres physiquement et spirituellement.
Les affaires.
Dans leurs affaires, les êtres humains doivent se soumettre aux règles soulignées dans la partie ‘’ les huit préceptes’’.
       -Exercer des professions honnêtes sans tromper personne, se débarrasserdes des habitudes malhonnêtes.
       -Ecarter les actes malhonnêtes : tromperie sur le poids, contrebande, marché noir, commerce de l’alcool et de l’opium …
Il faut se rappeler ceci : le Bouddha guide et protège ceux qui conduisent avec franchise et bonté, conformément à ses enseignements ; jamais le Bouddha ne consent à protéger ceux qui commettent des malhonnêtetés, des brutalités et des folies contraires à ses enseignements.

D. Enseignement religieux.

D1. Les 3 sources de péché et les 10 péchés.

Durant la vie, qu’il le veuille ou non, l’homme est toujours soumis à la loi de la nature. Cette loi est condensée dans le seul mot « Sentier » ; le sentier de l’homme est appelé le Devoir de l’Homme.
Et pour bien remplir son Devoir, l’homme doit observer les 4 Gratitudes. Mais, auparavant, il doit s’abstenir – tout comme pour s’enrichir, on doit s’abstenir de s’endetter – de commettre les 10 Péchés qui proviennent de 3 Sources : le corps, la parole et l’esprit.
Ces trois sources incitent l’homme à commettre les dix péchés énumérés ci-après :
1 - Péchés engendrés par le corps :
Le meurtre.
Le vol, la piraterie
Les relations sexuelles coupables.
2 - Péchés engendrés par la parole :
La médisance.
L’abus de la parole.
Le langage méchant.
La calomnie.
3 - Péchés engendrés par l’esprit, la pensée :
La cupidité.
La colère.
Le trouble d’esprit, la superstition.

D2. L'octuple sentier.

1 – L’opinion juste.
2 – La pensée juste.
3 – Les justes moyens de subsister.
4 – Les justes moyens de gagner la vie.
5 – Le corps pur.
6 – La parole juste.
7 – La mémoire juste
8 - La juste concentration mentale ou la juste méditation.

D3. Les prescriptions

Avant de lire les sermons, le fidèle doit faire son examen de conscience ; corriger ses défauts et mauvaises habitudes, éviter les écarts de conduite et observer les prescriptions suivantes :
1e Prescription
Nous ne devons pas boire d’alcool, ni nous livrer aux jeux d’argent, ni entretenir des passions corporelles coupables, nous devons toujours respecter les trois liens sociaux et les cinq vertus cardinales (dans l’enseignement de Confucius).
2e Prescription
Nous devons nous abstenir de la paresse, nous montrer toujours actif dans notre travail quotidien et dans notre pratique de la foi, nous garder des querelles, nous pardonner mutuellement les écarts de conduite engendrés par les accès de colère.
3e Prescription
Nous ne devons pas gaspiller l’argent, ni mener un train de vie exagéré, ni abuser de l’argent tout en oubliant la charité et la bonté, la justice et les vertus, ni nous montrer égoïstes, ni courir après les riches pour dédaigner les pauvres.
4e Prescription
Nous ne devons pas offenser le Ciel, le Bouddha, les Divinités et Génies en criant leur nom pour les appeler à notre secours ou pour les maudire car de toute façon ils n’interviennent jamais dans nos affaires.
5e Prescription
Nous ne devons pas consommer de la viande de buffle, de bœuf ou de chien, ni sacrifier les animaux vivants. Les Divinités et Génies n’acceptent jamais les offrandes pour absoudre nos péchés, car d’après la loi du Karma, lorsque nous commettons un péché, nous devons le payer inévitablement et les Esprits qui acceptent les offrandes et prétendent pouvoir guérir certaines maladies sont de mauvais Esprits : si nous continuons à leur dédier des offrandes, ils continueront à nous faire du mal.
6e Prescription
Nous ne devons pas brûler les papiers votifs symbolisant les billets de banque et les vêtements car cela engendre des dépenses inutiles et aussi parce que nous ne pouvons pas corrompre l’Empereur de l’Enfer pour qu’il accepte nos présents et qui d’ailleurs ne sont d’aucune utilité, mais au contraire nous devons garder cet argent pour venir en aide aux voyageurs pris au dépourvu en cours de route, aux pauvres et aux infirmes.
7e Prescription
Devant un événement de la vie courante ou touchant à la conduite morale, nous devons observer et juger avec clarté et objectivité avant d’avoir une opinion personnelle sur cet événement.
8e Prescription
En un mot, nous devons nous aimer réciproquement tout comme les enfants d’une même famille, nous guider mutuellement sur le chemin de la morale et de la vertu. Le fidèle qui a une conduite parfaite accèdera au Royaume de l’Ouest (le Nirvana) où il pourra en toute sérénité parfaire ses connaissances sur la Doctrine afin de revenir un  jour sauver l’humanité.
Tous les fidèles frères et sœurs, dans leurs moments de loisir, doivent lire et relire les sermons afin de préserver les mœurs nationales, de garder les bonnes traditions, d’éliminer toutes les superstitions et les crédulités qui dépravent la morale et la vertu.
Le bouddhisme doit toujours être tolérant et accommodant. Tout en examinant soigneusement les autres, il doit s’examiner aussi lui-même.
Si quelqu’un reconnaît sa faute, nous lui pardonnerons volontiers.

D4. Les 4 gratitudes.

Jadis Notre Grand Maître de Tây An a exhorté les fidèles à respecter, à force de sacrifices et de persévérance les 4 Commandements suivants, s’ils veulent remplir ce devoir de piété filiale et de loyauté :
  • 1- Gratitude à l’égard des parents et des ancêtres
  • 2- Gratitude à l’égard de la Patrie
  • 3- Gratitude à l’égard des Trois Trésors.
  • 4- Gratitude à l’égard des compatriotes et de l’Humanité.
(Pour les bonzes, c’est la gratitude à l’égard de leurs bienfaiteurs)

Gratitude à l’égard des parents et des ancêtres :
De notre venue au monde et jusqu’à notre majorité, c’est à nos parents que nous devons notre corps et notre âme qui sont nantis de toutes les facultés physiques, spirituelles et intellectuelles. Durant ces longues années, que de peines et de souffrances nos parents n’ont-ils enduré pour nous ? Et comme nos parents eux-mêmes doivent leur vie à nos ancêtres, notre gratitude doit s’étendre au-delà de nos parents, à nos ancêtres également.
Prouver notre gratitude à nos parents c’est, de leur vivant, nous efforcer de suivre les conseils judicieux qu’ils nous prodiguent, c’est éviter de leur faire de la peine. Il se peut qu’ils se trompent et qu’ils se livrent quelquefois à quelques travers, alors notre devoir est de tâcher avec tact de les en dissuader. De plus, nous devons subvenir à leurs besoins, veiller à leur santé, promouvoir parmi nos frères et nos sœurs l’esprit de fraternité, instaurer le bonheur en familles, tout cela de telle façon que nos parents en soient réjouis et satisfaits. Et après leur mort, nous devons prier pour que leurs âmes accèdent au Nirvana et échappent à la réincarnation.
A l’égard de nos ancêtres, notre devoir est de ne rien faire qui puisse entacher leur nom. S’ils avaient commis quelque acte erroné pouvant engendrer le malheur pour les générations postérieures, nous les descendants devrions, par la prière et le sacrifice de notre vie, toujours faire le bien pour réhabiliter leur mémoire.

Gratitude à l’égard de la Patrie.
Notre venue au monde, nous la devons à nos parents ; notre vie, nous la devons à notre patrie dont nous héritons la terre avec ses ressources qui nous permettent de subsister. Et pour que notre vie quotidienne soit agréable, que notre race soit puissante, nous avons le devoir de défendre la patrie lorsque notre sol est foulé par les bottes de l’envahisseur. Tâchons de redresser le pays dans les périodes critiques et de le rendre puissant, prospère. Tâchons de libérer la patrie de la domination étrangère. L’intégrité des frontières du pays pourra seule nous rendre la quiétude ; de même la puissance et la prospérité de la nation pourront seules apporter quelque réconfort.
Certainement, le degré de sacrifices dépend des aptitudes et des capacités de chacun. Si nous sommes incapables d’assumer les lourdes tâches, si les circonstances ne nous permettent pas encore d’œuvrer pour le pays, au moins abstenons-nous de prêter assistance à l’ennemi étranger qui est à l’origine des malheurs de notre patrie.
Voilà ce qu’est la gratitude envers la patrie.

Gratitude à l’égard des Trois Joyaux ( ou 3 refuges)
Que signifie l’expression Les Trois joyaux ? Ce sont : Bouddha, la Doctrine (ou la Dharma) et l'ordre monastique des bonzes bouddhistes (ou la Sangha).
Aux ancêtres, aux parents et à la patrie, l’individu est redevable de sa vie corporelle et matérielle.
Dans le domaine spirituel, l’individu a besoin de l’assistance de Bouddha, du Dharma et du Sangha pour s’améliorer et acquérir la clairvoyance. Bouddha, qui est l’incarnation du parfait et de l’idéal, était animé d’une charité inépuisable et était déterminé à libérer les âmes hors du cercle vicieux de cette mer de souffrances. C’est pourquoi il a retransmis sa doctrine et ses enseignements aux très Nobles du Sangha chargés de diffuser sa religion à travers le monde entier. Les Très Nobles du Sangha ne sont autres que les Grands Disciples du Bouddha. Et c’est parce qu’il a toujours guidé l’humanité pour l’aider à se délivrer de la souffrance que nous devons vénérer Bouddha, témoigner notre ferveur et notre confiance pour son entreprise de Sauveur du monde et respecter les enseignements professés par Les Très Nobles. Nos ancêtres qui ont parfaitement compris ses pouvoirs miraculeux et son amour universel à l’égard de l’humanité, l’ont vénéré jusqu’à la dévotion, ont vécu conformément à ses enseignements, ont consolidé au fur et à mesure les fondements de sa religion afin que celle-ci puisse se propager toujours plus loin, et ont édifié un Palais de Vertu Religieuse qui rayonne perpétuellement pour la postérité.
Donc, notre devoir est de continuer l’effort vertueux de nos ancêtres pour parvenir à la clarté de notre esprit afin de pouvoir trouver le chemin de la béatitude qui nous permettra de guider à notre tour ceux qui se sont perdus dans le péché. Et surtout, notre devoir est de continuer à développer et à faire rayonner la Religion et les Vertus pour que l’esprit de Miséricorde et de Charité Universelle continue à se propager partout dans la masse. Ainsi, nous ne trahirons pas l’œuvre Grandissime du Bouddha et l’effort vertueux de nos prédécesseurs, ainsi nous n’aurons pas tort aux yeux de la postérité.

Gratitude à l’égard des compatriotes et de l’humanité :
Dès notre venue au monde, nous avons besoin de l’assistance de ceux qui nous entourent, une assistance qui va croissant avec l’âge.
Nous avons besoin des vivres qu’ils produisent pour calmer notre faim, des vêtements qu’ils confectionnent pour nous protéger du froid. Des habitations qu’ils construisent pour nous préserver des intempéries. Notre vie est liée à la leur dans le bonheur comme le malheur.
Nous avons la même couleur de peau, nous parlons la même langue que ces gens avec qui nous formons un tout : c’est la Nation. Mais eux, qui sont-ils ? Ce sont nos compatriotes :
Ils sont de la même souche que nous, ensemble nous avons les mêmes pages d’histoire glorieuses et héroïques, ensemble nous avons le même devoir de construire un avenir éclatant pour notre patrie. A nos compatriotes nous sommes unis par un lien intime, inséparable, indivisible : jamais nous ne pouvons exister sans eux et jamais ils ne peuvent exister sans nous. C’est pourquoi nous devons les aider dans toute la mesure du possible, eu égard à ce qu’ils ont fait pour nous.
Mais ce n’est pas tout, car à côté de nos compatriotes, il y a aussi le monde dans lequel des hommes sont en train de peiner pour nous procurer tout ce qui est indispensable à notre vie matérielle. Ils forment l’humanité et cohabitent avec nous sur la surface de la terre. Sans l’humanité, pouvons-nous pourvoir à tous nos besoins matériels ? Pouvons-nous vivre en parfaite autarcie ? En un mot, pouvons-nous à nous seuls tenir tête aux intempéries, au froid, à la chaleur, aux maladies, aux cataclysmes, pour survivre ? Evidemment non. Donc, notre peuple doit dépendre de l’Humanité, c’est-à-dire des autres peuples et doit leur en être reconnaissant. Pensons à eux comme nous pensons à nous-mêmes et à nos compatriotes.
D’ailleurs, cet Amour empli de Miséricorde et de Charité Universelle et de Bouddha dont nous sommes parfaitement conscients, cet Amour est très profond, très vaste. Il est sans limites, sans discrimination aucune pour la couleur de la peau comme pour les races, il ne fait pas de distinction entre le riche et les classes sociales pour ne porter que sur l’Humanité tout entière.
En conséquence, nous ne pouvons arguer, pour nous-mêmes comme pour nos compatriotes, d’aucun motif valable pour nuire aux autres peuples. Au contraire, nous devons entretenir à leur égard une pensée de concorde, un esprit de compréhension et nous avons le devoir de les aider dans le malheur.
En ce qui concerne les bonzes qui ont fait don de leur vie au Bouddha, à part les dettes de reconnaissance qu’ils ont contractées eux aussi – comme il a été dit plus haut – ils sont également et directement redevables à leurs bienfaiteurs, c’est-à-dire à tous les fidèles qui ont la délicatesse de pourvoir à leurs besoins matériels en nourriture, en vêtements, en médicaments. En somme, leur vie matérielle dépend totalement de ceux qui ont bon cœur. A l’égard de la masse des fidèles, ils ont contracté une lourde dette et par la suite ils ont le devoir de guider leurs âmes dans la recherche de la Vérité pour s’acquitter de ce qu’ils leur doivent..

E. Organisation administrative.

Le drapeau- le logo.
Le drapeau du Hòa Hảo est rectangulaire à fond brun et ne porte pas de caractères ni d'images.
Les insignes de Hòa Hảo sont ronds à fond brun entourés d’un cercle doré, et représentent un Lotus blanc et les quatre lettres P.G.H.H.(Phật Giáo Hòa Hảo) signifient le Bouddhisme  Hòa Hảo .

La terre sainte.
La Terre Sacrée Hòa Hảo a été établie au village Hòa Hảo, le village de la maison du Fondateur Huỳnh Phú Sổ et aussi le lieu de naissance du Hòa Hảo. Il n'y a ni bâtiments somptueux ni monuments massifs ici, parce que les partisans Hòa Hảo ont appris à mener une vie paisible et religieuse dans la simplicité.

Système d'organisation.
La Communauté Bouddhiste Hòa Hảo est administrée par un système de Comités Administratifs situé dans chaque hameau, village, district et province, dépendant d'un Conseil Central d'Administrateurs.
 Dans chaque hameau, le Comité Administratif est composé de plusieurs sous-commissions.
Grâce à ce système, les dirigeants Hòa Hảo peuvent garder un contact étroit avec les masses, toutes les activités sont ainsi dirigées efficacement et les directives données peuvent parvenir aisément à tous les niveaux, du conseil central aux sous-commissions populaires.

Le principe directeur de l'organisation et de la gestion Hòa Hảo peut donc être décrit comme étant une démocratie centralisée.


a. Les ÉLECTIONS
Les fidèles Hòa Hảo choisissent leurs représentants aux Comités Administratifs de chaque hameau . Ces derniers élisent le comité au niveau du village et ce processus continue jusqu'aux élections du district et des comités provinciaux.
Le Conseil Central d'Administrateurs est choisi par les Comités Administratifs des hameaux, villages, districts et provinces.
b. La DIRECTION
Comme les Administrateurs ont été choisis par des élections pour leurs vertus et conformément au principe de centralisation démocratique, ils auront forcément assez de prestige pour mener à bien leur tâche.
Chaque Comité d'Administrateurs est constitué de 10 à 15 membres.
Le Conseil Central d'Administrateurs compte 23 membres.
Outre le Conseil Central d'Administrateurs il y a un Conseil de supervision chargé de faire respecter les directives prescrites par les commandements du Bouddhisme Hòa Hảo.
Le Chef Suprême de Hòa-Hảo est Huỳnh Phú Sổ, le Fondateur du Bouddhisme Hòa Hảo

F. Les activités.

Le Bouddhisme Hòa Hảo a été créé en 1939 quand le Việt Nam était encore une colonie Française. Les autorités Françaises ont tout fait pour opprimer et empêcher Huỳnh Phú Sổ de prêcher sa doctrine.
Après l'invasion de l’Indochine par les troupes Japonaises, les fonctionnaires Japonais ont exprimé leur désir d'aider les nationalistes Viêtnamiens et les groupes religieux pour réclamer leur indépendance aux Français. En 1942, ils ont aidé à libérer Huỳnh Phú Sổ de Bạc Liêu où il était placé sous surveillance administrative par les Français, et l'ont emmené à Saigon.
 Huỳnh phú Sổ était reconnaissant pour sa libération, mais cela ne l'a pas empêché de demander que le gouvernement Japonais accorde l'indépendance au Việt Nam.
En 1945, la communauté Hòa Hảo a organisé une résistance de guérilla contre les Français, et plus tard, contre le régime totalitaire et répressif du Communisme Việt Minh.
Après la signature de l'Accord de Genève en 1954, la communauté Hòa Hảo a subi une autre période de répression sous le régime dictatorial du Président Ngô Đình Diệm.
C’est seulement après la chute du Président Diệm le 1/11/1963 que le Hòa Hảo a l’opportunité de se réorganiser.

La conquête du Việt Nam du Sud par les communistes nord viêtnamiens en 1975 a donné lieu à une autre période sombre de persécution pour le Hòa Hảo. Comme les autres religions, les partisans Hòa Hảo doivent affronter des mesures systématiques visant à supprimer les religions comme la confiscation des salles de culte et l’arrestation des chefs Hòa Hảo .


 

Certaines informations et notamment les  pratiques religieuses,et les  organisation administratives ont été extraites du site suivant: http://www.hoahao.org