Les Jumeaux en Afrique Noire
De la conception des jumeaux ("venavi") chez les Mina du Bas-Togo

Chez les Mina, les jumeaux sont des êtres au-dessus du commun

La gémellité n'est pas un phénomène biologique comme le conçoit la pensée. Elle n'est pas seulement le résultat de la fécondation de deux oeufs ou la conséquence d'un phénomène de polyembryone. Les Jumeaux sont des êtres au-dessus du commun. Ils sont considérés avec un certain respect et une certaine crainte, crainte et non peur parce que ce sont des êtres qui peuvent vous être bénéfiques ou maléfiques selon que vous vous faites ou non le devoir de leur rendre tout ce dont ils doivent être nantis. Etant donné ce qu'ils sont, qu'ils soient des êtres extraordinaires, nous en avons la preuve qu'ils portent des prénoms que seuls des jumeaux peuvent porter.

Quand ils sont deux garçons, ils s'appellent Akouété et Akouètè; deux filles prendront les prénoms d'Akoko et Akouélé; une fille et un garçon, Akouété et Akouélé. Y-a-til des triplés ? Dans le cas où on a deux garçons et une fille: Akouété, Akouètè et Akouélé, deux filles et un garçon Akoko, Akouélé et Akouété; trois garçons: Akouété, Dométo, Akouètè... trois filles, Akouélé, Dométo, Akoko.

Entre les jumeaux, l'aîné est celui qui, chronologiquement, doit être considéré comme le cadet c'est - à dire celui qui a vu le jour le premier Pourquoi ? Eh bien parce qu'ils sont sur le chemin de la vie et par souci d protection, I'aîné se fait précéder toujours par le cadet de sorte qu'il est sous bonne garde pour le cas où il doit lui arriver un malheur. Il y a d'ailleurs un dicton qui dit littéralement: "Le serpent ne mord pas l'enfant sous les yeux de sa mère". Quand il y a un danger qui menace le cadet c'est du devoir de l'aîné de le défendre, c'est pourquoi il le fait aller devant pour pouvoir le surveiller comme il se doit. Il semble ici que la pensée va jusqu'à instaurer même au niveau d'un phénomène purement biologique une hiérarchie de valeurs morales avec tout ce qui en découle

  comme devoirs et droits. Les jumeaux semblent dans cette optique constituer une communauté et comme dans toute communauté, il y a un supérieur et un ou des inférieurs, chacun ayant un certain nombre de prescriptions à respecter.

Les valeurs dans cette mesure ne pénètrent-elles pas le biologique et le problème des valeurs vitales tel qu'il se pose dans certaines philosophies a-t-il encore ici la même acuité ? Ne pourrait-on pas dire, du moins en ce qui concerne l'homme, que la vie n'acquiert pas une valeur mais qu'elle ne saurait se définir simplement comme un phénomène purement biologique ?
 
La vie n'est pas ici un simple phénomène d'assimilation et de désassimilation; sa définition doit intégrer les valeurs qui se développent au cours de l'existence car elles sont en puissance, à l'état latent dans l'être dès qu'il vient au monde.

Une autre application que l'on donne de cette conception est que celui des jumeaux qui vient au monde le premier est un messager. Le plus jeune est envoyé en éclaireur par son aîné. Il est envoyé, dit-on, pour annoncer l'arrivée prochaine de son second et aussi savoir si le monde, le milieu dans lequel ils vont faire leur entrée est ce qu'il faut. Ici encore, nous retrouvons une des valeurs de la vie sociale transplantée dans le domaine d'un phénomène qui, pour la pensée occidentale, est essentiellement biologique. En effet, quand on va dans un milieu, surtout quand on est une personne de certaine considération, on doit toujours se faire annoncer par un messager.

Interdits et cérémonies

Ces jumeaux ("venavi" ou "venovi") sont considérés comme étant des singes. S'agit-il simplement d'un rapport de symbolisé au symbole ? Nous croyons qu'il y a plus. La relation semble plus profonde et non d'imitation. Ainsi on entend dire communément d'un venavi qu'il a un regard de singe parce qu'on croit qu'il est cela même. L'explication d'une telle croyance, nous la trouvons dans des légendes dont voici une.

Un jour, un chasseur va en brousse. Sa femme venait d'être mère de "venavi". Dans la brousse, il assiste à un spectacle qui lui permet d'assurer une vie tranquille à ses enfants. En effet, il avait vu des singes qui étaient entrain de procéder à des cérémonies pour des jumeaux. Alors il comprit que ses enfants étaient de la "race" des singes et de retour chez lui, il fait les mêmes cérémonies. Depuis ce temps, d2une façon générale, on fait ces cérémonies pour les jumeaux afin de préserver leur vie et d'assurer à eux et à leurs parents une certaine paix dans leur existence. Que les jumeaux soient considérés comme des singes, cela est encore plus remarquable chez les Fons du Dahomey (voir en page 17, le texte " Les jumeaux en Afrique noire " ). Les jumeaux ont ici pour nom "Ezin" et "Ezinsè". Or le singe a pour nom chez eux Zinho.
Il découle de tout cela un certain nombre d'interdits non seulement pour les "venavi" mais aussi pour leurs parents. Un "venavi" ne peut ni tuer ni manger le singe. Ce serait manger ou tuer son frère. Ces interdits sont valables comme le montre la légende suivante.

Un père de famille part au champ le fusil sur l'épaule. Arrivé au champ, il se trouve devant un spectacle écœurant: des singes sont entrain de saccager son champ de maïs. I] épaule son fusil, tire et en abat un Quelques temps après, un messager arrive lui annoncer qu'un de ses "venavi" vient de mourir subitement et sans raison apparente. Mais comme les gens ne meurent jamais ici d'une mort naturelle, on va consulter les noix sacrées. Le "kpoli'' que l"'afan" donne c'est "ce bété": i] y a mort subite. Une mort qui a déjà eu lieu ou une mort à venir ? Une mort passée. On pose d'autres questions à "Afan" qui répond et finalement dit que la mort de l'enfant a pour auteur le père. Comment cela ? Il faut maintenant demander à "Afan" de dire en quoi le père est responsable de la mort de son fils. On arrive ainsi à voir qu'il avait tué au champ sans le savoir, son fils en tirant sur un singe. Quand le "venavito", le père de jumeaux va au champ, s'il voit des singes entrain de saccager ses maïs, il ne lui reste plus qu'à les chasser tranquillement s'il ne veut pas faire tort à ses enfants.

En quoi consistent les cérémonies qu'il faut en général faire aux "venavi" ? Elles consistent essentiellement à leur élever un temple, un autel ("Woa do sinupe ne venaviwo". Donner aux "venavi" un lieu où ils iraient boire). Cette cérémonie demande l'achat d'un certain nombre d'objets dont deux pots (deux parce que les objets doivent être toujours pairs). Il faut aussi des haricots, de l'huile de palme et certaines herbes, en général des "ama fata". On distingue deux groupes d'herbes: les "ama fafa" et les "ama zozo" littéralement les herbes froides, calmes, pas méchantes et les herbes chaudes. Sans approfondir, on peut les distinguer en disant que les unes provoquent des actions douces tandis que les autres ont des effets violents. Les "ama fafa" n'ont en général pas d'épines tandis que les "ama zozo" en portent. Il faut ajouter à tout cela un morceau de peau de singe. Les cérémonies, en général, doivent être exécutées, une fois tout rassemblé par les parents, par un autre venavito. Elles ont pour rôle d'assurer la paix en tout point de vue, paix matérielle comme spirituelle, aux "venavi" d'abord, aux parents ensuite. Pour les parents qui ne font pas ces cérémonies à leurs enfants, si, par exemple, la mère est vendeuse, son commerce ne prospèrera pas et si le père est fonctionnaire, son avancement sera lent et il aura des ennuis fréquents avec ses supérieurs.

  Les jumeaux, des génies ?

Ces cérémonies intéressent également les deux enfants qui suivent les jumeaux car ces derniers sont eux aussi plus ou moins mis sur le même plan que les "venavi" eux-mêmes. Comme ces derniers, ils portent des noms bien déterminés. Le garçon ou la fille qui vient directement après les "venavi" a pour prénom "Edo", le garçon qui naît après Edo s'appellera Dossè et la fille, Dopé. Edo, Dossè et Dopé font, si on peut dire, partie de la communauté que constituent les "venavi" et ils viennent fermer la marche, "fermer le trou" comme le dit littéralement 15expression mina ayant rapport à leur naissance: "edo tutu"—fermer le trou. Il semble effectivement qu'il y ait ici une faille que l'on doit combler. En effet, en général, les noms se donnent chez les Mina selon le rang de la naissance. Chez les "Tougban" par exemple, le premier garçon est soit Foli ou Ecoué selon que le père est lui-même

Ecoué ou Foli. Prenons un père Ecoué, ses enfants à supposer qu'ils soient garçons auront pour nom Foli, Kanyi, Messan, Anani, Tété, etc... (Nous ne rentrons pas ici dans les subtilités et les distinctions. Nous aurons certainement à revenir sur ce problème ailleurs). Supposons que ce père ait, après Foli, deux jumeaux. Ils auront pour nom Akouété et Akouètè s'ils sont des garçons. Si après eux nous avons deux garçons, ils auront pour nom Edo et Dossè et non Kanyi et Messan. Ce n'est qu'après avoir terminé avec la "race" des "venavi" que, s'il y a un autre garçon, il s'appellera Kanyi.

L'autel élevé pour les "venavi" est un lieu sacré qui doit faire l'objet des soins des parents. La mère doit périodiquement y faire quelques petits sacrifices. Par exemple elle n'oubliera pas aux moments des prémisses d'y offrir aux "venavi" et à leurs Edo (c'est-à-dire Edo, Dossè, Dopé) les premières récoltes de mais ou d'igname. Ce temple est un peu comme le domicile du sê des "venavi", un lieu de sécurité, un chez soi qui leur évite d'errer comme le fait en général les singes. C'est pourquoi il est interdit de prendre quoi que ce soit sur cet autel. Celui qui vole de l'argent par exemple, deviendra un cleptomane. Il faudra des cérémonies d'exorcisation pour le guérir de ce mal. Les jumeaux sont des vaudou, des génies, des esprits protecteurs qui peuvent être méchants si on les contrarient. Ils ont la faculté de voir l'invisible. On considère en général leurs dires et leurs rêves comme annonçant des événements futurs. Et dans les cas où ces événements sont des événements néfastes, on prend les précautions nécessaires pour y parer. Ainsi les jumeaux ne doivent prononcer de malédiction contre qui que ce soit car ils risquent de lui porter malheur. On sait que le verbe comme l'indique Janheinz Jahn dans son Muntu ne fait pas qu'appeler les choses, il les engendre. Le verbe a une puissance créatrice. Il sufffit de dire, d'appeler et de vouloir faire ou être pour que l'appelé soit. La parole ici est toujours efficace surtout quand cette parole est prononcée le matin de bonheur sans avoir fait sa toilette.

  Mort et réincarnation du jumeau

Nous avons dit plus haut que les jumeaux constituaient une sorte de communauté. Il faut dire qu'il y a une solidarité très grande entre eux. En effet, on pense que quand un des Jumeaux vient à mourir, le vivant peut être "appelé" dans l'au-delà par son frère défunt. Il faut des pratiques spéciales pour éviter que le second jumeau ne subisse le même sort que son frère. Dès la mort d'un des jumeaux, on doit avant l'enterrement et devant la bière du défunt donner des coups de bâton au survivant et à ses frères ou sœurs (Edo, Dossè et Dopé). Une telle pratique est nécessaire pour éviter que le défunt n'interprète pas après son enterrement les corrections que l'on pourrait ultérieurement donner à ses frères et sœurs pour des actes de méchanceté; ce qui pourrait le décider à "appeler" son frère jumeau et les Edo qui lui auraient survécu. Le jumeau décédé se rendra compte ainsi quand il y aura des corrections de quelque type que ce soit, qu'il ne s'agit pas d'actes que l'on fait parce qu'il n'est plus là. On les fait devant ses yeux, il n'y aura plus d'ambiguïté. On ne lui fait plus des méchancetés que les vivants s'imagineraient lui faire dans le dos puisque lui, il est là. Il n'est pas mort, il est allé chercher du bois de chauffage. D'ailleurs, il ne faut pas dire que le jumeau décédé est mort, il faut dire qu'il est allé chercher du bois mort pour faire le feu. Dire qu'il est mort pourrait aussi être la cause de la mort du survivant car ce dernier a, lui aussi, un attachement si grand pour son frère qu'il peut avoir envie de le rejoindre. Alors il dépérirait et finalement mourrait de chagrin. Ceci n'est pas aussi vrai pour les Edo que pour les jumeaux eux-mêmes.

Ces pratiques ne suffisent pas. Après l'enterrement, les parents doivent réincarner le défunt.
Comment se fait cette réincarnation ?
On rencontre souvent sur le marché des artisans qui vendent des statuettes de bois. Les parents en achètent une ou la font faire sur commande. Si le défunt est un mâle, la statuette doit représenter un homme et s'il s'agit d'une femelle une fille. Au cours d'une cérémonie, on invoque le défunt et on opère ainsi la réincarnation. Cette statuette réincarnée, le "venavi djodjo", prendra le nom du défunt. Elle aura pour nom, Akouété, Akouètè, Akoko ou Akouélé selon que le défunt est l'une de ses quatre personnes. Remarquons qu'en général si c'est Edo, Dossè ou Dopé qui venaient à disparaître, on ne procède pas à la réincarnation. La cérémonie des coups de baguette devant le cercueil du défunt semble ici suffire. Cette statuette fait l'objet de tous les soins de la part des parents ou du jumeau survivant si ce dernier est adulte. On l'habille comme une personne vivante: robe, perles, bracelets, boucles d'oreille. On lui fait prendre périodiquement son bain. Aux heures de repas, on le met à table: on lui met son repas dans une assiette ou par terre. Et à la fin du repas, on débarrasse la table et on la replace au lieu habituel où on va la coucher. On voit même des mères qui, pour ne pas provoquer la jalousie du défunt, porte au dos le jumeau survivant et devant le "venavi djodjo". Oui cette jalousie est à redouter car les morts ne sont pas morts, ils sont souvent dans le "yo homé", la case des ancêtres où I'on enterre les restes c'est-à-dire les cheveux et les ongles (on coupe seulement une petite partie) de tout défunt appartenant à la famille, au clan. D'ailleurs cette jalousie peut se manifester déjà quand les deux jumeaux vivent. C'est une jalousie qui ne se manifeste que de façon invisible c'est-à-dire qu'elle pourrait être la cause profonde et cachée de malheurs qui tomberont sur la tête des parents s'ils manifesteraient quelque préférence pour l'un des jumeaux. Or les jumeaux ne peuvent admettre que l'on mette quelque différence entre eux. Ainsi, pour ne pas avoir à faire face à la colère ou à la jalousie des "venavi", la mère achète toujours une paire de tout objet qu'elle entend offrir à un jumeau.
Souvent même quand ce sont les deux jumeaux qui sont défunts, les parents les réincarnent et prennent d'eux les mêmes soins que s'il s'agissait d'un seul. Dans ce cas, il s'agit pour eux de leur faire voir qu'ils ne les ont pas oubliés et ainsi s'attirer leur faveur. On les invoque souvent pour que leur intervention rende favorable toute action que l'on entreprend. Ainsi le "Bokonon" qui va faire une cérémonie invoque au nombre des dieux les "venavi", eux qui sont sortis d'un seul œuf, eux qui sont surnaturels, eux qui peuvent changer le cours des choses. Les jumeaux sont ainsi l'un des appuis invisibles de la famille et même de la société, car ici l'invisible joue un rôle diffus mais un rôle important. Les jumeaux sont aimés et redoutés car ils ont des pouvoirs que nous pouvons qualifier de graves.
Telle est la conception des jumeaux chez les Mina. Les jumeaux sont des êtres extraordinaires (ne sont-ils pas sortis d'un seul œuf et ne sont-ils pas singes ?); des êtres entretenant des relations avec l'invisible et qui, dans cette mesure, peuvent être favorables ou détavorables; ils sont des "vaudou", des dieux, et doivent être l'objet de certaines pratiques. Conception absurde non ? Peut-être pas. La pensée ne semble pas être univoque mais plutôt multivoque. L'absurdité dans cette mesure ne peut se trouver qu'au sein d'un type de pensée et non dans un type de pensée, par rapport à un autre. La gémellité est un phénomène biologique mais ne pourrait-on pas entrevoir ici que d'une part dans cette pensée il y a cette exigence que la pensée ne saurait pénétrer que ce qui lui est analogue et d'autre part que la cause matérielle n'est ~ essentiellement cause et qu'il faut remonter plus loin que les apparences ? La cause, la seule qui mérite vraiment le nom de cause semble être ici la cause volontaire.

  Quelques interdits et obligations des jumeaux en pays éwé

La naissance de jumeaux dans une famille est généralement considérée comme une bénediction divine, une insigne faveur qui engendre vis-à vis des jumeaux et des autres personnes des obligations et des devoirs.
De tous les devoirs, il y a celui primordial d'élever les enfants avec sollicitude , de les vénérer par des offrandes régulières notamment les vendredis. Les parents devront veiller à ce que à ce que ren ne manque aux enfants en leur offrant quelque chose. Ils veilleront à ce que les parts soient toujours égales : toujours les mêmes habits, les mêmes couleurs autrement celui des deux jumeaux qui de trouve lésé pourrait se fâcher et " partir" (mourir) Même si un jumeaux est décédé, on doit toujours réserver à la statuette du défunt tout ce qu'on offre au jumeau resté en vie.
La conduite des parents dans le foyer doit être exemplaire : pas de disputes ni de fâcheries. Ils y sont tenus , car ils risquent, autrement de perdre leurs enfants. Ils devront se contenter de peu et ne jamais de plaindre. Quand ils sont pauvres ils ne doivent jamais le dire ; au contraire, ils diront : "Nous sommes riches ou nous sommes dans l'abondance".
De même, il vaut mieux pour eux de dire : Nous sommes rassasiés " plutôt que de crier haut et fort qu'ils ont faim.
Ces tabous linguistiques sont assez sévères et concernent de nombreuses réalités de la vie des jumeaux. De même , il y a de nombreux interdits concernant les aliments et des fruits : la chair du singe est proscrite, de même que certais fruits : appelés "Evleto, gbala , nyilili", etc...
Pour les jumeaux eux-mêmes, les interdits sont très peu nombreux : ils ne pourront manger la chair de singe. Quand ils sont malades, ils ne pourront avoir recours à d'autres médicaments qu'aux feuilles naturelles. Interdiction leur est faite de se livrer à des actes magiques ou d'utiliser des gris-gris. Surtout et par dessus tout, ils ne pourront devenir "vodussi" adepte d'un autre fétiche " vodou".
Une fois majeurs et quel que soit leur sexe,ils devront de marier le même jour. Lorsque ce sont des filles, elles choisissent elles-mêmes leur mari, contrairement à la coutume. Ils vivent certes parmi les hommes et sont soumis aux mêmes vixissitudes qu'eux... Ils sont pourtant différents de leurs frères de la même condition.. Il faut les respecter et les craindre ; on peut obtenir d'eux toutes les faveurs en évitant de les contredire.

  En cas de mort de l'un des Jumeaux

En général, quel que soit l'âge du jumeau à  sa mort, tant que le second est vivant, on ne parle pas de mort ; tout le monde  dans l'entourage doit se comporter comme si de rien n'était : la maman ne doit pas pleurer et les autres membres de la famille ne doivent pas venir exprimer leurs condoléances aux parents. L'enfant est enterré sans aucune cérémonie.
Si le second vient à mourir, on se comportera alors comme si les deux venaient de mourir.

  Immédiatement après la mort

Dès qu'uln des jumeaux meurt, on se sauve avec l'autre jumeau vivant dans une alutre maison , où il demeurera jusqu'a l'enterrement de son frère. Si il a un certain âge, on l'envoie dans un autre village et d'il a déjà un nom, on le lui change.
Le cadavre du jumeau défunt passera par une nouvelle porte qu'on ouvre pour la circonstance ; car si on le passait par la porte ordinaire, le second ne pourrait plus revenir dans la maison par cette même porte. Dès la fin de l'enterrement, on fait revenir le second jumeau.

  Après l'enterrement

Le corps enseveli, tout le monde revient à la maison. On pense alors à protéger le jumeau qui vit encore, par un lavement de figure. On procède du menton vers le front, trois fois quand c'est un garçon et quatre fois si c'est une fille.


 

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